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16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 08:36

Parcours de santé mentale, [1994-2002] V1 autoédit. 2002  allégée, accueil et articles 1-26

 

2 janvier 2021  Brève mise à jour.

 

Dans cet article, 2 phrases me mettaient mal à l'aise :

"Je ne dis pas qu’elle était parfaite, cela la rend d’ailleurs encore plus crédible."  Je n'avais pas trouvé les mots pour exprimer plus clairement ma pensée.

"Une vraie bénédiction !" Je le laisse bien que ce ne soit pas dans mon vocabulaire, mais il y a des personnes à qui ça parle. La perfection, pour une personne, n'a de sens que dans les dictionnaires… Et d'ailleurs, cela me laisse rêveuse.

 

Avec le recul, je verbalise - je m'exprime - différemment.

 

Françoise Poncet a pratiqué avec moi l'écoute active et le dialogue dans une relation horizontale patient/soignant, autrement dit un réel dialogue, un dialogue vrai, communication horizontale, dans laquelle chacun des interlocuteurs est reconnu, en tant que personne et dans ses compétences.

 

 

Merci Dr Françoise Poncet ! 😀

 

 


Ecoute active du patient et dialogue, une forme d'entretien que j'ai suggérée,

parmi les 5 propositions transversales du Collectif des personnes concernées du PTSM 69.


 

Voir l'article 75- Le PTSM du Rhône.

 

L'expression "dialogue horizontal" que j'avais utilisée, avait été réduit à dialogue, j'imagine, pour parer aux dérives d'interprétations de certains.

Quoique ceux qui dérivent n'ont pas besoin d'un mot pour le faire… 

 


 

16 mai 2010

 

Dès que j’ai vu le Dr Françoise Poncet, je l’ai trouvée sympathique. Elle représentait exactement l’interlocutrice que je recherchais. Très naturelle, accueillante et réservée en même temps, elle a su m’aider à m’exprimer, m’écouter, me rassurer, me répondre, me conseiller avec beaucoup d’intelligence. Presque tout l’inverse des autres psychiatres qui attendaient que je m’exprime, sans me tendre la main et qui ne donnaient jamais d’eux-mêmes. Le mobilier de son cabinet correspondait parfaitement à son style. Un tout petit bureau lui permettait d’être proche de son interlocuteur, et d’établir un climat de confiance. Je ne dis pas qu’elle était parfaite, cela la rend d’ailleurs encore plus crédible. Ce que j’ai vraiment apprécié, c’est l’expression de sa sensibilité. Elle a mis du cœur à notre échange. Le contraste total par rapport à tous ceux que j’ai rencontrés auparavant. Une vraie bénédiction ! L’expression est un peu choquante, je le reconnais. Mais je veux le dire haut et fort, son soutien m’a été très précieux.

 

Notre première rencontre a eu lieu en mai. Je ne me rappelle pas vraiment de quoi je parlais lors de nos rendez-vous. Mais… Enfin une personne qui comprend mes angoisses par rapport à la maternité, à propos de mon fils, et qui réussit à me les faire un peu dédramatiser !… Vous avez les mêmes angoisses que toutes les mamans, elles sont seulement à un degré beaucoup plus fort, m’a-t-elle dit, plus ou moins exactement. Progressivement, j’ai repris confiance en moi.

 

En septembre, environ deux ans plus tard, en revenant de vacances, j’ai commencé à écrire. Mon idée première était de dire : vous voyez, on peut sortir de la psychose, "j’y suis allée et j’en suis ressortie", avec pour preuve, le récit de toute ma maladie. De plus, l’écriture est magique dans le sens que l’interlocuteur est toujours disponible, et j’avais trop souvent le besoin de m’exprimer sur ce que j’avais vécu. J’ai été très frappée par le fait qu’une fois écrits les faits spontanément resurgis à ma mémoire, le reste m’est revenu par paquets à la manière de pièces de puzzle. J’ai parlé à ma psychiatre de mon livre, comme je disais, et je lui ai imprimé ce que j’avais écrit. On parlait rarement de ce texte, elle continuait à faire son travail comme d’habitude. Mais voyant mon état proche du délire, elle m’a conseillé de ne pas aller trop vite. Ce n’était pas facile pour moi, car je ne pouvais pas vraiment contrôler le débit. Elle ne m’a pas fait hospitaliser parce que j’étais bien entourée, m’a-t-elle dit après. Une fois, j’ai oublié son rendez-vous, elle a eu une grande peur, parce qu’elle a imaginé le pire : un accident, une hospitalisation ? Je ne sais pas. Je crois me souvenir qu'elle m'a téléphoné pour savoir.

 

Cinq mois plus tard, j’avais fait le plus gros du travail, et je me suis arrêtée là momentanément. J’ai écrit encore quelques pages dans le courant de l’année, mais j’ai surtout soigné le style de ce que j’avais déjà fait. À ce moment-là, je pensais que la lecture de ce texte pouvait rendre fou. Le "travailler" m’a permis de prendre un peu de recul et de l’oublier aussi (après). L’ "exprimer"  m’a libéré progressivement de mes angoisses. C’est un peu comme une mue. Je suis passée par un état où je me sentais si supérieure à tout le monde, à cause de cette prise de conscience, que je me suis vue en gourou de quelque groupe et aussitôt, j’ai été horrifiée par ma propre image, allergique que je suis à ce genre de personnage. note 1 Et puis, je n’ai pas aimé la solitude qui va avec. Et surtout, comme m’a dit ma psychiatre, j’étais bien entourée. Mon ami et mon fils ont été très présents, en dehors de leurs activités, et m’ont parlé et répondu avec justesse et opportunité. Cela peut paraître surprenant surtout pour un enfant de cinq six ans. Je pense très sincèrement que je n’aurais pas trouvé l’issue aussi facilement dans un hôpital.

 

Ce n’est pas à proprement parler un labyrinthe,

Cela ressemble plutôt à un ascenseur en cylindre,

Certains ont parlé de tour d’ivoire pour moins que ça,

On croit être prisonnier,

Qu’on ne pourra plus communiquer,

Mais pour la sortie, c’était la porte d’entrée,

De revenir en arrière, il suffisait,

Dans l’abstrait, tout est permis,

Et dans ma tête aussi.

 

Ceci, ce n’est pas la psychose, mais c’est la folie dans laquelle j’ai failli basculer en atteignant un certain niveau de conscience. Pour ne pas acculer les gens à y rester, il suffit de les accepter, de les accompagner en restant soi-même. Ils reviendront d’eux-mêmes à la perception normale. Sinon, plus on les renie, plus ils affirmeront leur existence. Gare au ballon qui se gonfle… et à la fin éclate.

 

Pour ma deuxième envie de maternité, je suis allée voir un de mes amis, pharmacien biologiste au laboratoire de biologie médicale de l'hôpital du Vinatier et dont j'ai fait la connaissance dans le cadre de mon travail pour les Laboratoires Biotrol. C’est un homme fiable, respectueux, que je n’ai pas craint de voir même dans un état plus ou moins maniaque. Il me paraît si solide que je me demande ce qu’il faut pour l’ébranler. Après sa description, sans état d’âme, de la procédure à suivre, pour atteindre mon objectif : un deuxième enfant, j’ai dit non-merci, sans façon… Il me fallait prendre le risque d’arrêter net le lithium, un peu avant la fécondation et le temps de la grossesse. Si je faisais une crise, il suffirait de m’hospitaliser, me prescrire des neuroleptiques ! Il m’a dit cela très calmement comme si c’était un jeu d’enfant… Bref, je me suis vue repartie à la case départ… Pour mettre au monde un enfant, je ne voulais pas prendre le risque de rechuter en connaissance de cause, alors que mon état s’était très nettement amélioré. Ludovic aurait pu y perdre sa mère, tout comme l’enfant à venir, mon ami, sa compagne, et moi, ma tête… L’addition était vraiment trop élevée. J’ai abandonné cette idée avec quand même un peu de regrets, juste le temps d’en faire mon deuil.

 

Merci Dr Jacques Greffe !

 

 

Plus tard, j’ai commencé à vouloir des preuves de l’efficacité du téralithe sur moi. J’avais l’impression que je n’en avais plus besoin. Je voulais l’arrêter. Ma psychiatre me l’a déconseillé et brièvement dit les conséquences fâcheuses que cette démarche avait eues chez d’autres de ses patients. L’émotivité qu’elle a laissée transparaître à ce moment-là m’a convaincue de sa sincérité et m’a détournée de mon objectif.

 

Notre dernier entretien a eu lieu au bout de quatre ans de suivi. Elle quittait la ville pour des raisons privées. Cela ne m’a posé aucun problème, je n’avais plus besoin de son aide. Je me sentais capable de continuer seule mon chemin. D’ailleurs, n’avais-je pas fait le plus périlleux en solitaire ? J’ai pris contact avec le confrère qu’elle m’avait recommandé et à qui elle avait donné mon dossier, pour le cas où, m’avait-elle dit… Et pour les prescriptions de téralithe !… En cas de rechute, il vaut mieux que quelqu’un ait le dossier, je suis d’accord !…


 

1   Dans les années 80, je m’étais rendue à Genève, pour voir le gourou Maharadji (l’orthographe est incertaine), venant de Floride pour un meeting, parce qu’une de mes copines qui était adepte ou disciple m’avait vraiment cassé les pieds pour que je voie ce phénomène. J’avais été très impressionnée par son discours, qui vous remplit tous les pôles de la tête, je n’ai rencontré nulle part ailleurs quelqu’un d’aussi englobant. Mais je n’ai pas manqué de constater que s’il était aussi parfait que tous voulaient le croire, il élèverait avec lui ses disciples au lieu de les laisser ramper à ses pieds. Dès que j’en ai pris conscience, il m’a fait horreur ! 

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Profil

Paulette Benetton

Isère  ARA  France

née en 1952

bipolarité is away et le reste aussi !😀

clarinette                           3e cycle Biochimie et Chimie Organique

Emplois successifs Prof. de physique/chimie,

Technico-commerciale, Animateur régional des ventes, Responsable du SAV au téléphone, Laboratoires Biotrol, Paris

Centres d'intérêts  voyages, photo, 3D, santé mentale, neurosciences, clarinette violon, bricolage jardin, bandes desssinées etc.

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Les peintures, réalisées sur linoléum en 1988, sont de Meix. Voir dans PHOTOS sous la bannière

José Meix, Sommières, Gard