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15 mai 2010 6 15 /05 /mai /2010 14:55

Parcours de santé mentale, [1994-2002] V1 autoédit. 2002  allégée, accueil et articles 1-26

Tout au long de cet article, j'avais écrit sismographie au lieu de sismothérapie, je ne suis pas révisionniste, je l'ai donc laissé tel quel. Je suis  même certaine d'avoir fait des corrections qui ont abouti à ce mot !.... Dans un état voisin de celui de ma première hospitalisation, sur certains plans. Ben oui. Héhé . Mais pas complètement  déjantée !

 

Des recherches pour une nouvelle solution médicale ont été entreprises par une de mes sœurs. Elle s’est informée des différentes propositions des services hospitaliers pour faire face à l'impasse dans laquelle je me trouvais. Je ne suis pas restée très longtemps à la maison et c’est ainsi que j'ai été intégrée dans un hôpital spécialisé en neurologie.

 

Ma mère, de son côté, a consulté un gynécologue. Lors de son séjour à Paris, elle avait détecté quelque chose d'anormal. Elle a été opérée d'un cancer du sein le mois suivant. Je ne l'ai appris que beaucoup plus tard. À la même époque, des oncle et tante ont pris en charge mon fils.

 

J'ai été bien informée que j'allais subir... par une autre malade qui m'a prévenue très rapidement après mon admission dans le service. Le dialogue a été à peu près le suivant :

 

- Ici, ils nous font des « sismos ». J'en suis à ma septième et ça se fait par séries de douze.

- Qu'est-ce que c'est ?

- Des électrochocs. Mais rassure-toi, cela ne fait pas mal, ils nous endorment. Et au réveil, on ne sent rien non plus. Il paraît que ça nous fait du bien.

 

Je connaissais en réalité depuis très longtemps la signification du mot électrochoc et j'avais bien visualisé la technique. Mon cousin, décédé, en avait subi dans le cadre du traitement de sa maladie. Et on nous avait fort bien décrit ce procédé qui nous a paru barbare, à la manière décrite dans "Vol au dessus d'un nid de coucous.". Par contre, pendant cette phase de ma maladie, je comprenais au sens intellectuel, mais je ne fabriquais pas d'image dans mon cerveau. Ce qui revient à dire que je ne « com-prenais » pas, au sens propre du terme. Cela m'évitait des souffrances pour tout ce qui aurait pu m'être pénible, mais m'empêchait du même coup d'apprécier ce qui aurait pu m'être agréable. C'est très probablement un système de défense très ancien. Cela se rapproche de ce que l'on exprime par faire le mort, mais en plus sophistiqué.

  

Comme elle me l'avait dit, je n'ai rien senti. Je n'ai pas vu de différence entre avant et après. C'est tout ce que je peux dire de ma perception des électrochocs. Je ne me souviens pas d'avoir eu un contact avec quiconque, à part cette jeune femme hospitalisée avec moi, dans le lit à côté du mien. Dans ma mémoire, elle était plus jeune que moi, et elle avait beaucoup d'énergie. J'ai été par ailleurs très sensible au fait qu'elle se soit préoccupée de moi et qu'elle ait eu le souci de me rassurer. Je ne crois pas avoir aidé quelqu'un d'autre de la même manière. Il est vrai que ceci constitue mon seul souvenir spontané de toute la durée de l'hospitalisation. Et pourtant, j'ai fait deux séjours dans ce service. D'autre part, je n'ai pas le sentiment de l'avoir revue ensuite. Il est possible néanmoins que nous nous soyons côtoyées sans que je m'en aperçoive jusqu'à ce qu'elle sorte de l'hôpital, ce qui paraît logique. Je ne sais pas pourquoi, mais je revois une grande chambre avec au moins quatre ou six lits. Qu'en était-il en réalité ? J'ai vu des personnes avec mes yeux, je leur ai même parlé, mais c'est tout. Toutefois, je ne les ai pas rencontrées vraiment. J'ai cependant des traces fugaces d'entretiens dans un bureau avec les médecins, de personnes qui m'ont parlé alors que j'étais dans mon lit, ou même debout. Je vois quelques rares images, mais c'est vide de contenu, je n'ai aucune idée de ce que nous avons pu échanger. Ce qui ne signifie pas pour autant qu'il n'y ait pas eu de communication, ou qu'il n'y ait pas eu d’effort de part et d'autre dans ce sens. Si quelque chose s'est passé, cela s'est effacé de ma mémoire active. J'ai retrouvé une lettre d’une de mes cousines. Elle m'a raconté qu'elle avait été touchée par ce que je lui avais dit lors de sa visite et qu'elle m'a ensuite écrit. Je peux revoir maintenant de brefs instants de notre rencontre dont je me souviens du lieu. Nous avons cheminé ensemble jusque vers la cafétéria. Nous nous sommes arrêtées dans un couloir ouvert sur la gauche, par des baies vitrées, sur la cafétéria vide. Je crois me souvenir que la couleur dominante était vert-olive. Je ne sais toujours pas la nature de nos échanges.

 

Mon activité principale dans ce service était l'alitement. Je ne peux pas dire si je ne faisais que dormir, sauf au tout début où je suis sûre que c'était la majeure occupation de mon temps. Je ne pouvais d'ailleurs rien faire d'autre. C'est le type même de lieu où, par ailleurs, on n'a pas envie de rester éveillé à cause de l'absence presque totale de communication. Peut-être est-ce fait intentionnellement pour que les personnes se reposent ? Le corps médical est-il aussi discret après avoir constaté l'évidence que la seule solution est le repos total ? Tout a-t-il été imaginé ? Je sais bien que pour qu'elle passe, il faut que la relation marche dans les deux sens. Mais n'y a-t-il pas là un énorme problème de perception de la part du personnel soignant, comme pour les patients ? Je ne veux pas dire par là que ces personnes sont inhumaines, les malades non plus d'ailleurs. Mais si la sismothérapie est bonne, pourquoi ne pas aussi l’accompagner de traitements psychiques ? Pourquoi ce souvenir de froideur ? Pourquoi ces souvenirs sont-ils durs à remonter ? J'ai du mal à croire que je n'ai rien emmagasiné même dans une poubelle de ma tête pour faire l'analogie avec la corbeille de l'ordinateur. À moins qu'il n'y ait chez nous aussi une procédure pure et dure de destruction de l'information.

 

Mon esprit pratique suggère pour y remédier une expérience très simple. Ce n'est qu'une suggestion. Des expériences du même type ont peut-être été déjà tentées sans succès. Elle part de la simple constatation qu'à l'origine, la communication a toujours un support. Et que si celui-ci est matériel, il facilite la tâche aux deux parties. N'est-ce pas ce que l'on fait pour éveiller les bébés ? Celle-ci se passerait en individuel : le patient et le médecin, ou son assistant.

  • Première séance : passage lent d'images simples a priori agréables et neutres à l'aide de diapositives ou de photos, voire de vidéo. Par exemple, des dessins géométriques simples. Noter les réactions du patient.
  • Deuxième séance : passage long de la photo, qui a recueilli la meilleure appréciation la fois précédente, puis demander au patient de la dessiner. Etc. Petit à petit, choisir des images de moins en moins neutres et remplacer le dessin par la description orale de la photo alors cachée.

Tout cela reste, bien entendu, à prouver. Le fait que je ne me faisais plus d'image mentale n'est jamais que l'expression d'un souvenir personnel, à moins d'être partagé par d'autres personnes ayant vécu une situation analogue. Ce que j'émets n'est qu'une idée de solution, il est possible qu'elle soit en réalité complètement inadaptée. Et que les malades n'aient à ce moment-là vraiment besoin de rien d’autre que du silence. Mais j'y pense, il y a sûrement eu des études sur le sujet, puisqu'on se sert de la formation de l'image, entre autres, pour développer la mémoire. Il suffira de les adapter. Même chose avec la musique si besoin est, etc. Faites jouer vos patients à ces jeux éducatifs. Ça ne peut pas leur faire de mal, en tout cas, pas moins que... l'électrochoc. Si vraiment cela n'a jamais été essayé, alors osez-le ! Les malades en seront détendus, et... vous avec, vous en avez tellement besoin, toute ironie mise à part.

 

Je voulais effacer ce que j'avais écrit à l'origine de ma réflexion à propos de l'électrochoc. J'ai choisi de le garder parce que cela illustre bien comment l'imaginaire peut prendre le dessus et comme on peut délirer quand on a peur de quelque chose. Et, qu'au lieu d'aller au-devant de l'information, dans ces circonstances, on crée de toutes pièces ce qu'on croit être la réalité, et on mélange ça avec des connaissances établies. Mais de le barrer aussi car ce n'est pas du tout ma pensée, c'est le délire d'un jour. 

 

Ben non, c'est débile de le rende illisible si je le laisse !!!  Alors, changement de couleur. C'est ce qui suit.

 

 

Je considère l'électrochoc comme une technique digne de barbares. Bien que la médecine l'ait camouflée sous le nom de sismothérapie, et que, j'imagine, ses utilisateurs l'aient adoucie par l'emploi de tensions plus basses, et l'aient couplée avec une anesthésie. Comme d'habitude, lorsque j'ai un doute, je consulte mon dictionnaire. Voici ce que j'ai trouvé :

 

Sismothérapie  n.f. PSYCHIATRIE. Électrochoc.

Électrochoc n.m. Méthode de traitement de certaines maladies mentales, qui consiste à provoquer des convulsions épileptiques par le passage bref de courant à travers le cerveau.

 

Je frémis. J'ignorais au moment du traitement l'objectif de la méthode, sinon j'en aurai fait une crise cardiaque. Alors, si j'ai bien compris, dans ce cas, la convulsion, qui plus est, épileptique, est bonne et si elle arrive naturellement, c'est mauvais. Dans le premier cas, c'est un traitement et dans le second, la médecine la traite ? Qu'est-ce que c'est que cette maison de fous ? Si cette méthode est aussi efficace, pourquoi ne l'utilise-t-on pas pour régler des problèmes psychiques ne relevant pas à proprement parler de la psychiatrie ? Leurs utilisateurs l'ont-ils testée sur leur propre cerveau ? Craignent-ils que cela leur soit administré ? Je ne sais pourquoi, j'ai un net penchant pour les méthodes douces. Quand je pense sismothérapie, je ne puis m'empêcher de constater l'absurdité qu'il y a dans l'idée que [envoyer des électrons dans un cerveau] puisse remplacer la merveilleuse biochimie qui nous compose. Faites ce genre de traitement à votre ordinateur s'il vous pose un problème, c'est édifiant, vous pouvez le mettre à la poubelle dès la fin de la « manip. ». Heureusement, nous sommes plus résistants qu'eux, sinon je ne serais pas là pour en parler. On m'aurait peut-être gardée comme « légume »… Je m’exprime ainsi, car, au-delà des analogies de fonctionnement, j’ose espérer un meilleur traitement, qu'en pensez-vous ? Comment des médecins ont-ils pu imaginer que cette méthode barbare puisse être curative ? Je n'en connais pas les détails techniques, mais à mon avis, c'est une évidence : aussi miniaturisée soit-elle, elle ne peut être que grossière. C'est un peu comme si je jouais aux dés pour écrire chaque chiffre du résultat d'une multiplication. Comment pouvez-vous affirmer qu'elle donne des résultats tout en donnant parallèlement des traitements chimiques et aussi, que vous l'ayez décidé ou non des traitements psychiques dus aux relations avec autrui ? C'est ça l'objectivité de la science ! Je sais, je n'ai pas l'esprit scientifique , mon patron de D.E.A. me l’a assez dit pour me convaincre de quitter son laboratoire. Toutefois, il me reste quelques traces de la méthode. Je reconnais également que les médecins en sont tout aussi éloignés, mais alors, pourquoi jouer aux apprentis sorciers ? Comment des médecins ont-ils pu oublier que tous les mouvements d'électrons dans notre corps sont intelligents, que les électrons sont véhiculés par des ions chimiques ou biochimiques de tailles très variées, dans de vastes et complexes réactions en chaîne, et le plus souvent, en boucle, de surcroît.

 

Et que ce merveilleux système trouve son apogée dans le cerveau. Ce dernier est non seulement le lieu central de pilotage de tout le corps (circuit interne), il est aussi le site d'analyse des informations extérieures et la source de la réponse. Celles-ci parviennent jusqu’à lui, grâce à une combinaison de nos sens qui est aussi personnelle qu'une empreinte digitale :

  • La vue dont les organes sont les yeux, capteurs et filtres principaux de la lumière, vibration d'un type bien identifié. Ils nous renseignent sur la forme, la couleur, l'aspect...
  • L'ouïe dont les organes sont les oreilles, capteurs et filtres principaux de la vibration, caractérisée par des fourchettes d'amplitude et de fréquence moyennes,
  • La sensibilité à la pesanteur, dont l'organe est un petit pendule dans l'oreille interne, capteur et filtre de la force de gravitation. Il nous permet de détecter sa direction et son intensité,
  • L'odorat dont l'organe est le nez, capteur et filtre des odeurs, poussières, ... il détecte la présence de molécules volatiles, mais pas toutes,
  • Le goût dont l'organe est la langue, capteur et filtre des saveurs, détecte les substances solides ou liquides et même gazeuses introduites dans la bouche.
  • Le toucher dont l'organe est la peau, capteur et filtre de la texture, la dureté, la chaleur, les rayonnements... avec une spécificité pour la paume des mains et en particulier l'extrémité des doigts.

Les statisticiens peuvent calculer le nombre de combinaisons possibles. Il y en a largement assez pour tous les habitants de la planète. Et alors ? C'était juste pour illustrer notre complexité à partir d’un exemple très simple au tout premier abord : liste des [organes-récepteurs] externes activés pour la réception d'une information. Cette connaissance peut être fort utile à beaucoup de personnes qui font comme si toutes ces différences-là n'existaient pas. Je n'ai pas le même comportement selon que je porte ou non mes lentilles souples. J'ai toutefois la chance d'avoir à ma disposition un correcteur parfait de cette infirmité. Cela paraît dérisoire, mais l'ignorance de ces détails est souvent la cause d'incompréhension, voire d'agressivité. Pour reprendre cet exemple que je connais bien, quel porteur de lunettes n'a pas été sujet de railleries, qui augmentent avec l'épaisseur du verre d'ailleurs, au moins dans son enfance ? Vous pouvez être pris pour un débile pour seulement ça ! Quand on passe aux problèmes rencontrés par une personne dont un de ces organes ne fonctionne pas du tout, c'est bien pire. Et là, quand on n'y croit plus, le cerveau fait de la magie, il redistribue les tâches !

 

Ce petit intermède sur les récepteurs du cerveau, c'était pour mieux venir à la pièce centrale que ce dernier représente et au « miracle » qu'il accomplit quotidiennement. Notre cerveau a, entre autres, pour fonctions : absorber, reconnaître, intégrer, comparer, trier, stocker et éjecter les informations. À partir des éléments récoltés quotidiennement depuis son existence, il crée l'abstraction, la pensée. L'être humain va pouvoir l'exprimer par la parole, ses actes, son corps, inconsciemment ou consciemment et il peut même le faire sans qu'on ne lui ait rien suggestionné, tout seul dans son coin, grâce, entre autres, à la « magie » de la mémoire ou stockage des informations. Et vous avez pensé électrochoc ? Parce que votre patient ne voulait plus communiquer ? Parce qu'il ne pouvait plus communiquer ? Avez-vous vraiment cru que son cerveau ne marchait plus ? Avez-vous essayé de savoir comment il s'est débrouillé pour être dans cette impasse ? Quel chemin a-t-il pris et pourquoi ? Volontairement ou involontairement ?

 

Encore toute secouée, j'essaie de réfléchir à l'origine de la technique. Partant de l'observation, je constate : lorsqu'on voit une personne sans énergie, on a une envie très forte de la secouer physiquement, par exemple par les épaules. Ceci est un réflexe très ancien qui nous vient de nos ancêtres primates. Beaucoup de personnes n'ont gardé que l'expression, et préfèrent l'utilisation de la parole pour faire des chocs psychiques. Selon les individus et surtout en fonction de ce qu'ils émettront, à propos ou non, au bon moment ou non, le résultat variera. L'unique moyen de mesure est la réaction de l'autre. Des complications surviennent pour la conclusion, si le secouant ne comprend pas la réponse du secoué, mais oublions ça pour le moment. Qui a bien pu émettre l'idée d'utiliser l'énergie électrique pour secouer le cerveau ? Des personnes qui avaient des outils dans les mains, ont eu envie de faire joujou en faisant du mal, et considéraient les personnes traitées comme des objets. Je n'ai aucun doute qu'elle ait été inventée pendant la dernière partie du début de ce siècle. Ensuite, la quantité de courant a diminué, on a mieux sélectionné les zones, on a anesthésié. On peaufine l'outil en espérant qu'un jour, il soit indiscuté. Car tout le monde est loin d'être d'accord. Il reste encore beaucoup de gens à convaincre, même dans le milieu médical. Oui, j'en ai eu deux douzaines !  Oui, je m'en suis sortie ! Avez-vous beaucoup d'anciens patients qui vous ont adressé ne serait-ce qu'une lettre de remerciement ? Je connais une personne décédée des suites de son anorexie, malgré l’emploi de cette technique miracle. Et pourtant, je n'ai gardé aucun contact avec toutes les personnes hospitalisées avec moi, sauf celles qui étaient sur ma route pour d'autres raisons. Elle, je l’avais retrouvée en faisant mes courses, elle vivait dans l’immeuble voisin du mien, comme le monde est petit… [j'ai écrit ce texte en 1995 et je ne me souviens plus du tout de qui je pouvais parler]

 

ARRETEZ CETTE BARBARIE ! Vous n'avez rien compris à la maladie, vous n'avez pas cherché à connaître votre patient ! Vous ne connaissez pas son histoire ! Vous avez absorbé ce que vous avez vu et entendu sans vérifier si vous aviez bien compris. Vous avez pris vos informations auprès de la famille, et le plus souvent, d’une seule personne. Vous n'avez jamais pris la peine de savoir s'il y avait quelqu'un derrière cette façade, ou alors pendant vos études. Jamais vous n'avez imaginé que votre patient pourrait vous assister et consciemment, en plus ! Alors, vous vous réfugiez derrière des techniques et des médicaments qui abrutissent, de manière à ce que si le patient remonte la pente même à moitié, on applaudit ! Même pour l'entourage proche de la personne, ce résultat est tellement plus supportable qu'aucune communication.

 

Parce que ma violence textuelle m’est revenue comme un boomerang, ce sont les charmes de l’écriture, j’ai pris conscience qu’elle n’était pas justifiée par la réalité : je suis bien portante mentalement et physiquement. Cette même réalité me prouve que les sismographies ne détruisent pas, et je ne suis pas la seule dans ce cas. Beaucoup de gens croient l'inverse et pensent que c'est plus qu'inutile pour ne pas dire pire.

 

Parce que même à supposer que l'origine de cette technique soit proche de celle que j'ai imaginée, je n'ai pas le droit de rejeter la technologie actuelle, qui donne indiscutablement des résultats, même si les spécialistes qui la pratiquent ne comprennent pas encore exactement pourquoi elle marche. Parce que la critique est aisée, et l'art est difficile. Parce qu'on s'en remet trop souvent aux médecins comme à des sorciers. Parce qu'on veut leur faire porter un chapeau qui n'est pas le leur. Parce que je n'ai pas le droit d’amalgamer au hasard tout ce qui me vient à l'esprit pour induire les autres en erreur, ou alors, je dois exprimer : divagations, au lieu de réflexions. Oh ! Vous prenez le gauche ?… Même si ce que j'exprime à un moment est sincère, du fond du cœur, cela ne signifie pas que ce que j'écris soit vrai. Ceci d'autant plus que, quand j'exprime ma révolte, mon cerveau central pioche, ça et là, des éléments qui frappent pour étayer mon jugement.  La vitesse laisse peu de place à la vérification. La solitude l'exclut complètement par définition. Parce que l'on ne veut pas voir ce qu'on ne comprend pas et que l'on préfère imaginer au lieu de se tourner vers ceux qui ont fait l'expérience, et qu'on ne veut même pas savoir leur point de vue, ni savoir où ils en sont, parce qu'ils avouent ne pas tout comprendre. Parce qu'on croit peut-être avoir tout compris ? Le seul moyen d'appréhender un peu plus la réalité est la communication bilatérale au minimum, multilatérale pour élargir la sphère et améliorer la stabilité. Constater ensemble que : même si les images personnelles que l'on a perçues sont différentes (on n'y peut rien changer), on peut percevoir un résultat, un fait identique que personne ne conteste. L'univocité des idées est un leurre. L'univocité des faits l'est beaucoup moins.

 

J'ai choisi de savoir ce qu'étaient vraiment les sismographies. Il est possible que ma réalité colle avec l'effet recherché. Je puis peut-être apporter ma modeste collaboration en donnant mes propres observations. Et si cela pouvait aider d'autres personnes. J'ai une pensée toute particulière pour mon ami Christian, qui a des convulsions depuis quinze ans pratiquement tous les jours, depuis son accident de moto. (Ce n'en était pas, mais c'est ce que j'ai cru.) Je veux connaître le mode opératoire des sismographies, au moins le minimum pour ne plus rien imaginer de morbide à ce sujet.  Sur quels patients l'applique-t-on ? Procédures, précautions d'emploi. Mode de contrôle immédiat des effets attendus. Suivi temporel des patients, etc. Comment cela s'est-il passé pour moi ? Est-ce que le traitement est suivi de réanimation ? Est-ce que cela effraie les manipulateurs ? On explique bien aux malades qui le souhaitent, les procédures, les fonctionnements des traitements chimiques, radioactifs, etc. Pourquoi pas pour celui-là ? J'ai posé toutes ces questions à qui de droit et j'attends toujours la réponse. Je ne me permettrai pas de conclure officiellement. Je garde ma conclusion pour moi. Depuis, j'ai pu trouver la réponse sur le net.   ( 17 ans plus tard, j'ai dû  impérativement y recourir, de nouveau.... avec un très grand succès ! 32 - Sismothérapie )

 

Je suis bien placée pour savoir que ce ne sont pas uniquement les traitements qui induiront la santé mentale et j'ai le droit de comprendre en quoi ils y contribuent. J'avais perdu ce qu'on peut appeler la sensibilité, ce que j'ai évoqué précédemment en illustrant que je n'avais plus la capacité de fabriquer des images mentales. Si la sismographie ne sert qu'à ça, il faut le dire haut et fort, pour ne pas priver ceux qui en ont besoin. Si son efficacité est tout autre, il faut le dire aussi. Si on ne connaît pas tous les effets, ni tous les modes d'action, un suivi systématique de tous les patients traités est un des moyens d'y parvenir. Cela implique nécessairement une collaboration entre les différents membres concernés du corps médical : neurologues et psychiatres. Si les deux milieux s'affrontent, ou refusent la compétence de l'autre, c'est grave. En fait, j'ignore tout de la situation, je sais seulement que des psychiatres de renom s'opposent catégoriquement à la sismographie. Je ne connais pas non plus les motivations de leur choix. Cela me pose néanmoins un problème. Alors, je vous interroge collectivement. Pour ce qui est de ma sensibilité, j'en suis revenue à la case départ. Elle est, selon mes souvenirs, très voisine de celle que j'avais au début de ma maladie. note 1 La différence fondamentale est que j'ai appris à contrôler mon imaginaire. Non seulement, je ne le subis plus, mais je m'en sers. Dès qu'il prend le dessus, c'est très vite repérable à la sensation de vitesse, excitation démesurée, je fais mon maximum pour vérifier dans les faits ce qui existe ou non. (15 ans plus tard, je n'ai plus du tout ce problème) C'est devenu presque un réflexe, le carbonate de lithium doit sûrement bien m'aider, de même que le souvenir de mon angoisse vécue liée à l'impossibilité de vérifier (voir la première phase de ma maladie). Lorsque je n'en ai pas les moyens, je laisse la question en suspens en faisant le vide et je passe à autre chose. De même, si un fait me pose un problème, j'utilise mon imaginaire bridé, de manière totalement intellectuelle, pour trouver une solution.

 

L'écriture m'a beaucoup aidée de même que le fait d'être bien entourée. L'intérêt de ce mode d'expression est qu'il constitue un contrôle naturel de mon imaginaire s'il est couplé avec des relectures différées. L'ordinateur facilite, à la « fainéante » que je suis, le complément de travail : rectifier ou effacer si besoin est. C'est l’idéal pour moi qui ressens toujours le besoin de m'exprimer et suis dans l'incapacité de le faire dans une entreprise. J'ai été exclue du système « longue maladie » et retrouver du travail relève du parcours du combattant à mains nues contre des murailles lisses. Je suis lasse. Je retenterai ma chance plus tard.

 

Je n'ai plus peur de connaître la perception des autres, même si elle est en apparente contradiction avec la mienne. C'est, en fait, le seul moyen de placer des jalons entre ma propre perception de la réalité et mon imaginaire et d'améliorer la qualité de la communication. Dans le même dessein, je freine mon expression orale pour mieux vérifier si ce que j'émets correspond bien à ce que je pense réellement et si cela n'exclut pas une réponse, ou encore sera si décalé que cela élèvera une barrière chez mon interlocuteur. Ces derniers points sont plus délicats… Dans toute expérimentation, à partir du moment où l'on travaille à plusieurs, il faut non seulement poser les bonnes questions et dans le bon ordre, mais aussi choisir l'interlocuteur qui observe sur le même sujet, et non pas celui qui ne fait qu'imaginer. Cela paraîtra évident à certains d'entre vous, mais si l'on regarde bien attentivement, beaucoup de personnes qui croient expérimenter, sont en fait occupées à faire coller leur imaginaire à la réalité. Et il est possible que je sois en train de le faire à vos yeux.

 


 


  1   C’était plus ou moins vrai au moment où j’ai écrit ce chapitre, oui, … Et plutôt moins que plus. Deux ans ont passé, maintenant je suis très calme, mais je ne renie pas ce que j’ai écrit. Je suis même surprise de ma cohésion dans cet état. Sept ans plus tard : cette hypersensibilité n’est plus qu’un souvenir. Je suis vraiment perplexe et j’aimerais vraiment connaître la réelle suite des causes à effets   retour au texte

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Paulette Benetton

Isère  ARA  France

née en 1952

bipolarité is away et le reste aussi !😀

clarinette                           3e cycle Biochimie et Chimie Organique

Emplois successifs Prof. de physique/chimie,

Technico-commerciale, Animateur régional des ventes, Responsable du SAV au téléphone, Laboratoires Biotrol, Paris

Centres d'intérêts  voyages, photo, 3D, santé mentale, neurosciences, clarinette violon, bricolage jardin, bandes desssinées etc.

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Les peintures, réalisées sur linoléum en 1988, sont de Meix. Voir dans PHOTOS sous la bannière

José Meix, Sommières, Gard