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15 mai 2010 6 15 /05 /mai /2010 07:53

Parcours de santé mentale, [1994-2002] V1 autoédit. 2002  allégée, accueil et articles 1-26

 

  

- Je suis enceinte, je suis enceinte !!!

Tous mes collègues dans les bureaux voisins se réjouirent avec moi. Ils étaient contents de m'entendre annoncer un heureux événement après ce qui s’était passé.

 

En effet, deux semaines plus tôt, j'entrais dans le service de psychiatrie de l'Hôtel-Dieu, à côté de Notre-Dame de Paris. Mon chef avait fait appel à S.O.S. psychiatrie ! Quand je l'ai appris, j'ai été terrorisée. Je me suis préparée à cette rencontre à toute vitesse. J'ai caché tout ce qu'il y avait de rouge sur moi et dans mon bureau. Et, au dernier moment, j'ai regardé le vernis rouge sur mes ongles. N'ayant pas de dissolvant avec moi, je l'ai camouflé avec du blanc machine. Ce n'était pas très élégant, mais il fallait à tout prix éviter de provoquer la fureur du diable. Dans mon « délire », le rouge était la couleur de Satan, il en avait l'exclusivité, et je m'étais vêtue de rouge et de noir ! J'allais oublier de souligner que le psychiatre était un ambassadeur du diable... J'ai aussi mis mes lunettes noires, serties de rouge… Ce détail avait échappé à ma vigilance, tout comme d'autres, très certainement. Depuis quelques jours, je les portais dans la rue pour me protéger. J'avais lu au verso de la couverture d'un des livres de ma bibliothèque, cette citation d'Eliphas Lévi : « Le téméraire qui ose regarder le soleil sans ombre devient aveugle et alors pour lui, le soleil est noir. » J'ai pris cet avertissement très au sérieux. Un de mes ennemis serait bientôt devant moi dans mon bureau. Si tout n'était pas parfait, le « clash » que produirait notre rencontre s'accompagnerait d'un éclair si violent que j'en serais aveuglée. Je me suis donc efforcée de supprimer un à un les points d'accroche. Si cela n'était pas parfait, au moins l'intensité en serait amenuisée. Quand je me suis sentie prête, j'ai retrouvé mon calme.

 

Quelle ne fut pas ma surprise de voir entrer dans mon bureau un « mec sympa », pas du tout comme je l'avais imaginé. Lui, il m'a écoutée, tandis que je lui disais :

 

- Je crois que j'ai le cancer de la pensée. Mon cerveau est déréglé, il fonctionne à toute vitesse. Cela ne m'affole pas trop et m'arrange même : mes capacités sont décuplées. Mais, aujourd'hui, ce qui me gêne, c'est que, surtout par moments, il se détraque carrément, me fait penser ou dire des choses que je sais fausses, sans contrôle externe. Ou parfois, l'instant d'après, on m'apporte la preuve qu’il avait disjoncté.[1]20 - Notes-1 

 

Je ne me souviens pas lui avoir donné plus de détails. Ah ! Si ! J'ai rapidement décrit un problème auquel j’avais dû faire face alors que j'étais à l'Université. J'ai demandé à contacter d'urgence Ronald D. Laing à Londres. C’est un psychiatre et psychanalyste qui a travaillé sur la schizophrénie. J’avais lu un de ses livres : « La politique de l’expérience » quelques années auparavant. Je n'avais pas tout compris dans cet ouvrage, mais certains points m'avaient conforté. Un de mes amis astrologue et graphologue me l’avait prêté, quand je lui avais évoqué quelques problèmes rencontrés au fil de ma vie, après qu’il m’ait fait gracieusement mon thème astrologique. Je n’avais aucun doute que ce médecin fût le seul à pouvoir comprendre ce qui m’arrivait.

 

Depuis plusieurs mois déjà, j'avais remarqué que tout redevenait de plus en plus facile sur certains plans. Un peu comme si des barrières avaient sauté. Pour beaucoup de difficultés que j'avais rencontrées jusqu'alors, les solutions m'apparaissaient évidentes, sans aucune réflexion. Et ça marchait ! Je me sentais heureuse. Je percevais bien de temps à autre que la communication ne passait pas bien. Certaines personnes me le montraient par leurs réactions. Mais d'autres avaient l'air de comprendre. Alors, cela m'a conforté et je me suis laissé griser.

 

J'avais rencontré, comme tout le monde, divers obstacles à mes projets. Cependant, si ceux de la vie professionnelle me paraissaient normaux et constituaient un véritable jeu de dépassement de moi-même, jouant par là un rôle de stimulant, ceux de la vie sentimentale me paraissaient quelque chose d'intolérable. Et à l'inverse, ils jouaient un rôle destructeur dès que je me trouvais en position d'échec amoureux. Toute la littérature française que l'on a tenté de me faire ingurgiter pendant ma scolarité jusqu'à la terminale m'a paru carrément stupide sur le sujet. Aurait-on omis de me fournir le mode d’emploi du bonheur en amour ? … Ou alors, ai-je été imperméable aux leçons ?

 

Mon excitation grandissante, ma vie est devenue de plus en plus chargée. En fin de journée, j’allais souvent dans un bar de la rue de Lappe écouter du flamenco : le chanteur était à la guitare et je me perdais dans le regard du percussionniste qui l’accompagnait… Il m’est arrivé de suivre tout le groupe des Gitans après la fermeture pour continuer la fête en plein centre de Paris, dans une sorte de « café-cave ». Parfois, il ne s’y passait rien de spécial, mais je rencontrais toujours des personnes avec qui je passais des moments extraordinaires.

 

J’avais une activité débordante qui me laissait à peine le temps de dormir, même s'il m'arrivait de ne pas sortir le soir. J'étudiais, entre autres, dans le dictionnaire des noms propres la vie d'hommes célèbres : musiciens, peintres, scientifiques, inventeurs surtout et je trouvais des coïncidences étonnantes. J'avais entrepris cette recherche suite à la rencontre d'un jeune homme, le week-end précédant mon hospitalisation. Nous avions fait connaissance pendant un petit congrès, hors des moments d'affluence, si l'on peut dire, car il n'y avait pas grand monde. Il vendait des logiciels. Nous avions eu beaucoup de temps pour discuter et peu de travail sur les stands. Certains étaient même furieux de perdre leur journée à attendre une clientèle invisible ou indifférente ! D’ailleurs, … Telle aurait été mon attitude si je n’avais pas été dans cette « dynamique d’esprit » !… Il adorait jouer du piano depuis son enfance et m'avait confié qu'il habitait rue Claude Debussy, qu'il allait emménager prochainement... dans une rue baptisée du nom d'un autre musicien. Dans l'état où j'étais, j'y ai vu plus qu'une coïncidence. Je l'ai invité à déjeuner sous quinze jours, après son déménagement. Nous avions prévu de nous rendre ensuite dans les magasins de pianos sur le Boulevard Beaumarchais, non pour acheter, mais seulement pour trouver le piano qui donnait le meilleur son. J’avais, de toute évidence, rencontré le meilleur pianiste du monde ! J'ai l'impression qu'il ne s'est pas rendu compte de l'état dans lequel je me trouvais, j'ai du mal à comprendre pourquoi. C'est vrai aussi qu'il n'était pas le seul.  Une fois rentrée chez moi, je me suis plongée dans le dictionnaire pour en savoir plus sur ces musiciens. Ce qui a retenu mon attention est qu'ils avaient vécu à deux époques différentes et successives, et non seulement leurs visages se ressemblaient, mais ils présentaient aussi d'énormes similitudes avec celui du jeune homme. J’en fus troublée. Était-ce donc cela que ma grand-mère recherchait en lisant le dictionnaire quand j'étais petite ? Probablement pas, à ma connaissance, elle n'a jamais eu le cerveau perturbé. Je me suis même procuré une loupe pour mieux voir, comme elle, oubliant que cet instrument était devenu indispensable pour elle, par le fait qu'elle était devenue borgne accidentellement et qu’elle ne voyait pas grand-chose de l’autre œil. Il est néanmoins vrai que je l'ai toujours connue ainsi. Et que jusqu'ici, je le savais, mais je ne l'avais jamais visualisé.

 

C'est ainsi que j'ai acheté un petit carnet où je compilais mes observations. Je l'ai toujours, mais quelques années plus tard, j’ai arraché et détruit les pages écrites. Trop délirant, trop compromettant ?… D'après mes souvenirs, les ressemblances n'étaient pas si frappantes. Je ne sais plus. Je comprends maintenant les personnes qui se prennent pour Napoléon ou quelqu'un d'autre, non seulement j'ai vécu cela par rapport à plusieurs personnes, mais je reconnaissais aussi des défunts en nombre de mes relations…[2]20 - Notes-1  Je ne m'étendrai pas sur le sujet, c'est sans grand intérêt. D'ailleurs, à l'époque, je n'en ai jamais parlé à personne de peur qu'on ne me croie folle ! Et pour cause, … Ce ne sont jamais que des hallucinations !

 

Je me suis prise pour un grand couturier. J'ai mis au point une nouvelle forme de poignet de chemisier avec de savants calculs sur les plis. J'avais promis à ma voisine de palier de lui raccourcir à sa taille les manches d'une chemise Cerruti. Malgré toute l'énergie déployée, elles se sont avérées trop courtes, m'étant trompée de repère pour la longueur ! Ça a fait un drame. Après avoir exprimé son dépit, elle m'a donné la chemise. Dommage, auparavant, elle était à ma taille ! La transformation avait bien dû prendre cinq heures sur ma nuit ! Nos appartements avaient dû ne faire qu’un à l’origine, car nos chambres n’étaient séparées que par une simple cloison ! Quand elle rentrait tard dans la nuit et qu’elle mettait la musique, cela me réveillait. Elle n’hésitait pas sur les décibels. Une nuit, elle m’a appelée au téléphone parce qu’elle n’avait plus de whisky pour offrir à son petit ami, un artiste-peintre. Après avoir bu un verre avec eux, je suis rentrée chez moi, et lui aussi… pour continuer notre discussion ! Nous avons ainsi parlé tout le reste de la nuit, assis sur le canapé du salon. Peu avant sept heures du matin, on s’est souvenus qu’elle était dans l’appartement d’à côté et on l’a invitée à boire le café. Son mécontentement passé, on a pris le petit-déjeuner tous les trois, puis ils m’ont quittée pour que je me prépare pour aller au travail.

 

Je venais de passer une phase particulièrement difficile. Presque deux ans plus tôt, j’avais eu beaucoup de mal à m’adapter à la « vie parisienne ». J’avais choisi de quitter ma ville, la proximité de ma famille et mes amis, et même de laisser un petit ami pour intégrer l’équipe du siège de la société qui m’employait depuis sept ans. Professionnellement, ma vie était une réussite. Après quelques années d’enseignement sans grandes satisfactions, ma carrière dans l’industrie me souriait. Mes excellents résultats de technico-commerciale m’avaient rapidement propulsée à un poste d’encadrement en tant qu’animateur régional pour la moitié de l’équipe de vente France. Ce fut une belle période pour moi. Puis, fatiguée d'être toujours en voiture ou dans les avions, j'ai souhaité me sédentariser, car cela devenait impossible d'avoir une vie privée et en particulier une relation affective stable. Ce travail qui me menait jour après jour sur les routes m’avait progressivement détachée de tout, peut-être même coupée de mes racines. Je crois bien que je ne vivais presque plus que pour l’entreprise. Tout mon cerveau, cœur y compris s’activait pour ma réussite professionnelle et celle de mes collègues. J’avais besoin de me poser, de m’installer quelque part et aussi de fonder ma famille.

 

Ma nouvelle activité était de mettre en place et faire fonctionner le service après-vente au téléphone. Je me suis donnée à fond pour créer un service parfaitement adapté aux besoins de nos interlocuteurs. J’ai trop canalisé mon énergie sur mon travail. Résoudre tous les problèmes en temps réel était mon défi. Les biologistes, nos clients, ne pouvaient pas attendre. Ils ont des résultats à rendre le soir, et cela concerne la santé des gens. Très rapidement, le nombre des appels a augmenté jusqu'au double, puis a continué son ascension  jusqu'au triple. Ils correspondaient rarement à des problèmes de qualité, mais plutôt à des problèmes d'utilisation, d'automates mal programmés ou déprogrammés, plus fréquemment chez les nouveaux clients. On appelait de plus en plus, parce que de plus en plus de clients savaient que leur problème serait résolu. J'ai bien demandé à ma direction qu'on augmente le personnel de mon service, mais je n'ai pas vraiment été entendue. Du moins, la réponse effective n'est pas venue aussi vite qu'il l'aurait fallu. J'étais prise entre 2 feux. Lever le pied aurait fait baisser la qualité de mon service et des clients nous auraient lâché, continuer dans ces conditions fut de travailler non stop pendant l'ouverture des bureaux et plus, pour mettre les dossiers à jours pour mes collègues sur le terrain. Je sentais bien que j'avais atteint mes limites. Je n'avais plus une seule minute à moi dans mon bureau. Sans compter le stress de la sonnerie du téléphone.

 

Pour ma vie privée, mon cœur était resté en province. Au fond de moi, j’avais honte de mon isolement à Paris. Je me suis sentie mal dans les quelques soirées où j’ai été invitée, je ne ressentais aucune affinité avec les personnes que j’ai rencontrées. J’ai eu des difficultés à trouver des repères dans ce désert. Je ne reconnaissais personne. Je ne me reconnaissais pas non plus dans les êtres que je croisais. Je crois que je m’étais perdue. J’ai connu une immense solitude que j’ai comblée avec la télévision… et aussi avec mon journal où j’écrivais tout ce que je ne pouvais communiquer à ceux qui me manquaient. J’ai fait ainsi les comptes-rendus et confié mes impressions de mes visites dans les musées, de mes journées au travail, décrit mes états d’âme. Moi qui savais si bien communiquer, je me suis retrouvée satellisée, inadaptée. Je voyais très peu mes « vieux » amis de l’Université. Ma seule nouvelle relation extraprofessionnelle, c’était ma voisine de palier… Je l’ai invitée à déjeuner un dimanche, et j’ai mangé seule… Elle a oublié, elle avait un autre plan ce jour-là.

 

Un an après ce déménagement, au printemps, un médecin m’a prescrit des injections intraveineuses de calcium, parce que j’avais des tremblements. Tétanie, spasmophilie ?… Un mois plus tard, j’ai découvert sur la partie avant-gauche de mon crâne une plaque d’environ trois centimètres de diamètre, sans cheveux. J’ai filé droit chez le dermatologue qui m’a donné un traitement, après m’avoir rassurée ; c’était dû à la fatigue. Après les vacances d’été, auprès de mes amis dans le Midi, je me sentais mieux. En octobre, j’ai été hospitalisée trois jours pour l’ablation d’un kyste. Ensuite, je me suis « allégée » de plus en plus… Jusqu’au décollage !!! L'anesthésie générale m'aurait-elle donné le dernier coup de pouce ?

 

Mis à part pour une personne envers qui l’expression de mes sentiments est toujours restée très discrète et presque intemporelle, je me suis surprise à la fin de cette dernière période à des choix et des comportements amoureux caricaturaux dans lesquels je ne me reconnaissais pas, comme si j’étais sous emprise hormonale. Bouleversée, je me censurais au fur et à mesure de leur apparition plus ou moins bien ; ce n’était pas facile. Ceci aurait dû m’alerter, mais ça n’a pas suffi.

 

Voilà comment j'ai pris conscience que quelque chose de grave se passait dans mon cerveau. Ce jour-là, tandis que je travaillais, Corinne, du service informatique m'a appelée pour me dire qu'il fallait éteindre tous les terminaux. Ce n'était pas la première fois qu'elle le demandait pour travailler sur le système central, et sa démarche ne concernait que le personnel du siège social. Pour moi, cela a signifié qu'on coupait tout pour détourner d'urgence l'énergie électrique utilisée pour sauver mon ami Christian, tétraplégique.[3]20 - Notes-1  J'ai appelé tous les postes que j'ai pu sur les différents sites de la société, même celui de la P.D.G. que j'ai composé par hasard alors que son numéro n'était pas sur ma liste. En fait, je composais les numéros manquants selon une suite logique, pour être sûre de n'oublier personne... Quelle n'a pas été ma surprise quand je l'ai entendue, d'autant plus que dans mon délire de l'instant précédent, elle était morte ! Elle n'a pas manifesté d'étonnement du fait de m'entendre, par contre de celui que j'aie pu oublier la procédure, et m'a rappelé le circuit décisionnel de l'informatique ! Quant à moi, sur le moment, je n'ai pas été déstabilisée, mais après avoir raccroché, j'ai « tremblé ». Là, j'ai vraiment compris que mon cerveau me jouait des tours. Parallèlement, en entendant mon discours au téléphone, débordant largement du sujet et probablement caractéristique de mon état de santé, plusieurs clients ont alerté ma direction. Mes plus proches collègues de travail, témoins oculaires de surcroît, ont fait de même, choquées par mes faits et gestes pour le moins surprenants. Sans rentrer dans les détails, par exemple, j’ai vu et ressenti le film de ma grossesse se dérouler en vitesse accélérée, à ma grande stupéfaction ! J'ai ensuite commencé à quitter ma jupe, persuadée que j'allais accoucher immédiatement.

 

Le médecin de S.O.S. psychiatrie a fait une lettre pour un autre collègue, et s’est justifié auprès de mon chef : je ne veux pas l'envoyer à Sainte-Anne, ils vont la massacrer. Avec le recul, ça m'intéresserait beaucoup de savoir ce qu'il craignait, parce qu’à mes yeux, tous les hôpitaux où j'ai séjourné présentent des lacunes sur ce qui me paraît fondamental pour s'en sortir. Un de mes collègues m'a accompagnée, c'était d'ailleurs mon supérieur hiérarchique. À notre arrivée, j'ai reconnu l'immeuble du psychiatre que j'avais consulté six mois auparavant, étant dépressive. C'était la première fois que je faisais une telle démarche. Un collègue me l'avait conseillée. Si je puis me permettre l'analogie, la méthode qu'il a utilisée avec moi ressemble au fait d’appuyer sur la tête d'une personne pour la sauver de la noyade. Je suis peut-être retournée le voir une fois et j'ai arrêté car c'était trop terrible à supporter. Je n'ai pas non plus cherché à rencontrer quelqu'un d'autre de peur de tomber sur le même schéma. J'ai recommencé à avoir peur. J'étais à nouveau dans un traquenard. On a gravi les marches d'escalier, je n'avais qu'une envie, prendre la fuite. Quand la porte s'est ouverte, je ne connaissais pas le monsieur qui nous a accueilli. J'ai cru tout d'abord qu'il remplaçait le médecin que j'avais consulté, ou qu'ils étaient deux personnages en un. Puis j'ai compris qu'ils partageaient le même cabinet dès que j'ai pénétré dans un bureau que je ne connaissais pas. Ce fut pour moi un grand soulagement. À la fin de l'entretien, il m'a adressé au service de psychiatrie de l'Hôtel-Dieu, vers lequel nous nous sommes acheminés, mon supérieur hiérarchique et moi. Oui, à pied. De Bastille, ce n'est pas si loin.

 

Pas besoin ni de pompiers, ni de gendarmes. Quand on est dans cet état, on sent bien, et très nettement, que l'on a besoin de soins. J'avais déjà pris des substances illicites, occasionnellement. Mais là, on est dans une autre dimension. Vraiment !

Et c'est terrifiant ! Pas la peine d'en rajouter.

 

C'est le moment où jamais de nous rassurer.


 


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Article 20 - Notes     1 - L'envol

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Paulette Benetton

Isère  ARA  France

née en 1952

bipolarité is away et le reste aussi !😀

clarinette                           3e cycle Biochimie et Chimie Organique

Emplois successifs Prof. de physique/chimie,

Technico-commerciale, Animateur régional des ventes, Responsable du SAV au téléphone, Laboratoires Biotrol, Paris

Centres d'intérêts  voyages, photo, 3D, santé mentale, neurosciences, clarinette violon, bricolage jardin, bandes desssinées etc.

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Les peintures, réalisées sur linoléum en 1988, sont de Meix. Voir dans PHOTOS sous la bannière

José Meix, Sommières, Gard