10 Mai 2018
Les étonnants pouvoirs de transformation du cerveau
Norman Doidge
ou
Guérir grâce à la neuroplasticité

Toujours à l'affût de découvertes sur le cerveau, j'ai découvert ce livre à l'automne 2008. Après un autre séjour en clinique psy, au printemps 2007, pour sortir de la dépression résistante et aggravée, grâce à une série de sismothérapies, j'avais très envie de m'en sortir, de cette maladie. D'autant plus que j'étais loin d'être complètement au bout du tunnel.
Ne plus être en dépression, c'est très bien, mais ça ne me suffisait pas.
Et puis, de l'autre côté de l'Atlantique, un de mes neveux souffrait, depuis un an et plus, de crises d'épilepsie de plus en plus fortes et fréquentes. On l'avait vu pendant l'été. Quelle galère que sa vie, quelle galère pour ses parents ! Il ne pouvait plus rien faire. Ça avait commencé vers la fin de ses études d'ingénieur. Là, c'était la cata. Il fallait prendre une décision. C'est pas facile.
Après avoir lu ce livre, j'ai vu beaucoup d'espoir. Pour moi, pour lui.
Nos limites sont trop souvent déterminées par les coutumes, par ce qu'on a l'habitude de voir. Et ce, jusque dans les centres de rééducation. Avec le cerveau, on peut vraiment les repousser. Avec le système nerveux, en général.
Dès que je l'ai lu, je l'ai envoyé à ma sœur. La compréhension serait meilleure pour elle dans sa langue maternelle.
J'aime beaucoup Norman Doidge, j'aime le lire, j'aime comme il est. Il s'exprime avec sa tête et son cœur. On sait où il va, et on sait pourquoi. Il donne envie de le suivre.
Depuis, des éditions de poche sont sorties.
Avoir pris conscience de la neuroplasticité,
avec les exemples de toutes ces personnes qui avaient pu
reconquérir des aptitudes perdues,
cela a été un puissant moteur pour moi.
Si des procédures adaptées à leur rééducation avaient marché pour eux,
pourquoi pas pour moi ?
J'ai décidé de faire moi-même mon programme. Avec ce que je trouverais sur ma route. J'ai toujours pensé, que l'on pouvait se transformer soi-même. Et j'ai adoré quand mon fils jouait avec les Power Rangers transformables. TRANS-FOOOR MATION !!! :)
J'ai continué à travailler la clarinette. Je me suis aussi inscrite à l'UTA, Université Tous Ages, de Lyon. J'ai été pendant 2 ou 3 ans à toutes les conférences sur le cerveau, données par de brillants orateurs, neurologues, neuropsychologues... J'ai ainsi appris beaucoup de choses. Il faudrait que je regarde maintenant, ce qui est proposé, s'il y a des nouveautés.
Puis je me suis inscrite au cours de chinois, Ce jour-là, j'ai appris qu'apprendre le chinois faisait travailler cerveau droit et cerveau gauche. Raison de plus pour moi, de l'étudier ! J'ai bien aimé, mais j'ai dû arrêter car je m'endormais au volant en rentrant sur l'autoroute. Même si j'ai un petit trajet, c'est suffisant pour atterrir à la morgue et y entraîner d'autres personnes. Avec le traitement pour l'apnée, maintenant, je pourrais reprendre. Mais je n'ai plus le temps.
Et bien sûr, comme je le faisais depuis ma jeunesse, l'ai lu beaucoup de BD, Bandes Dessinées. J'adore. Je choisis, comme les autres bédéphiles, en fonction de mes centres d'intérêt, du dessinateur, du sujet. L'avantage de la BD c'est que c'est interactif, ça fait travailler l'imaginaire, à la vitesse du lecteur. Ce qui est plus nettement plus difficile avec un film... Et puis il y a des images qui passent mieux en dessin qu'en photo ou en film. Heureusement, dans ma ville, il y a une médiathèque...
J'ai aussi trouvé plus tard, 1 ou 2 ans après, dans un magasin de presse, un exemplaire de Cerveau et Psycho, c'était peut-être la période où j'étais abonnée.
Un numéro spécial sur la musique
où j'ai vu, entre autres que la musique stimulait la neuroplasticité, et en particulier quand on travaillait sur un instrument de musique. J'avais commencé en 2003 pour me faire plaisir, j'ai quand même bien vu qu'il fallait bosser, que ça ne tombe pas tout seul ! Mais là, j'y ai vu une raison supplémentaire pour travailler ma clarinette encore plus sérieusement.
Le rythme, trop dur quand j'étais seule à jouer à partir d'une partition, même connue... Les "trous", c'est ma façon de nommer les 1/4 soupir, 1/2 soupir, soupir, 1/2 pause, pause... et alors là, s'il y a plus de 2 mesures sans son, il y a intérêt à ce que d'autres jouent pendant ce trou, sinon, je nage...
Le son, c'était bon. J'ai mis des années à mettre un nom sur les notes de la portée, même si je savais à quoi elles correspondaient pour l'instrument... J'aime les sons ronds, chauds, émouvants, c'est pour ça que j'ai choisi la clarinette.
La clarinette est un instrument très contraignant. Le son dépend de vous, de votre gorge, de vos abdos, comment vous expirez. Pour faire un beau son, il faut que la colonne d'air expulsé soit bien cylindrique et la vibration bien continue. On peut visualiser ça sur Audacity, un logiciel pour travailler et enregistrer, il existe une version allégée gratuite. Sinon, ça fait mal aux oreilles, on entend les vibrations, les tympans se relâchent un peu (ou plus) et ça repart.
C'est la langue qui va stopper le flux d'air ou non, entre les notes.
Les mains et les doigts. J'espère qu'elles vont suivre encore quelques années, sinon, je me mettrai au rap ou au slam, si je n'ai pas assez de voix. Il faut se tenir bien droit, sinon, les notes ne sont pas justes, car bien boucher les trous est très important. Donc, si on est un peu avachi (ou plus), les notes ne sont pas rigoureusement exactes. Eh bien, oh lala mes oreilles.
Vous aurez compris que faire de la musique, c'est un faisceau de contraintes, avec du plaisir à la clé, mais aussi plus que ça. A chacun les siennes, autant vous dire que ma tasse de thé, ce n'est pas l'exactitude des heures de repas.
Bon, j'ai plein de choses à faire. Déjà, rien que le repas à faire... Je vous laisse.