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35 - Aux bipolaires qui aimeraient mettre au monde un enfant...

 

 

Aux bipolaires qui aimeraient mettre au monde un enfant et qui n'osent pas à cause de leur maladie

 

A vous qui n'osez pas donner la vie,
A l'enfant que vous attendez au fond de vous,
Qui avez peur de transmettre cette affection,
Qui avez peur de ne pas être une bonne mère,
A qui on a peut-être déconseillé une maternité,

 

 

Sachez que les gènes, qui ne sont pas transmis à coup sûr, ne sont pas aussi puissants que certains le disent, que l'environnement, de même que l'éducation jouent aussi un très grand rôle pour le rendre actif ou non. Cela s'appelle l'épigénétique.
 

 

Qu'est-ce qu'une bonne mère ? Nous n'avons pas de modèle intégré.
Si vous craignez de ne pas en être une bonne, déjà, le fait que vous formuliez ce doute montre que vous pensez au bien-être de votre enfant alors qu'il n'est pas encore né, que vous êtes prête à vous remettre en question, ne pas appliquer des schémas. Etre une bonne mère, cela commence par aimer, cela continue par donner, à vous de découvrir la suite.

 

 

Vous me direz, mais et le traitement ?

 

Oui, c'est vrai, on ne peut pas faire n'importe quoi. Vous devez consulter des spécialistes psys qui connaissent bien le sujet, ils existent. Prenez tout le temps et la réflexion qu'il faut.


Des procédures précises de modifications de posologie, voir arrêt, de médicaments pendant certaines périodes avant la fécondation et pendant la grossesse ont été mises au point.

 

Sinon, dans la vie, le risque zéro n'existe pas, ce sont le point de départ, la préparation et l'adaptabilité qui font la différence. N'en faites pas abstraction pour déterminer votre choix.

Ne laissez pas votre raison couper votre désir sans avoir fait la démarche complète.

 

 

 

 

Malgré toutes les difficultés que j'ai rencontrées, et elles étaient de taille,

 

Même si ma carrière professionnelle s'est arrêtée net, ça avait pourtant si bien commencé,


Jamais je ne regretterai mon choix d'avoir gardé le bébé à qui la psychiatrie ne voulait pas de donner de chance.
 

Je pensais pouvoir ne compter que sur moi. Je n'aurais jamais imaginé qu'à peine sorti de mon ventre, il était déjà si présent et actif, et si grand. J'ai été bouleversée.

L'amour donne des ailes, laissez-les pousser et se déployer.
Bon voyage. Ce n'est pas de tout repos, mais c'est incomparable.

 

 

PS    Entendons-nous bien, je ne pousse personne à la maternité, cet article a pour objet de poser le problème dans ses grandes lignes à qui s'interroge sur ce sujet. Un choix auto-raisonné dans un sens ou un autre est préférable à la soumission à regret, aux contraintes imposées par autrui.

 

 

J'ajouterai seulement qu'avant de faire cette démarche, il est vivement conseillé de se soigner d'abord, je ne pense pas que vivre ce que j'ai traversé  fasse envie à quiconque. D'autant qu'il y a, pour l'enfant, un très gros risque à cause de l'état de sa mère. Merci Françoise Dolto, que je n'ai jamais connue, mais qui m'a bien inspirée pour résoudre les problèmes.

 

En effet, j'ai écouté, avec beaucoup d'intérêt et ravissement, chaque fois que je pouvais, Françoise Dolto sur France inter quand elle parlait aux bébés en direct, pendant mon adolescence. Bon... je viens de vérifier, c'était en 1976 ! Oh ! j'avais 24 ans ! c'est vrai que mon adolescence a duré très longtemps... Quand j'ai été capable de me concentrer et lire, 2 ou 3 ans après la naissance de mon fils, et que j'ai cherché à comprendre aussi, j'ai acheté progressivement ses livres. Ceux accessibles à tous ! Beaucoup de bon sens.

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