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36 - Le bipolaire et le psy...

 

 

 

On a du mal à imaginer que notre état mental, notre affect, notre humeur, notre psychologie soient liés à des réactions biochimiques dans nos neurones, et aux liaisons qu'ils ont entre eux, et encore à d'autres niveaux plus élaborés.

 

Mais c'est tout simplement que notre cerveau est géant !

Fait de multiples univers parallèles, mais interdépendants !

Et de surcroît, dépendant du reste du corps,

Mais aussi de l'environnement extérieur !

 

 

On se croirait en pleine science fiction, et pourtant cela se passe tous les jours, à chaque instant, dans notre petite tête. Les médicaments ont été développés après avoir remarqué que certaines substances agissent sur nous par le biais de ces réactions biochimiques.

 

 

 

Alors, soyons un peu indulgent avec les psys. Ce n'est vraiment pas facile d'exercer ce métier. Le mieux est de communiquer avec eux et de "préparer un maximum" les entretiens en tenant un carnet de bord exploitable. Ils ne sont pas tous très organisés et de surcroît, ils passent leur journée à écouter des patients ! Imaginez le job !

 

 

Le psy :

Dans "sa mallette", une panoplie de médicaments divers et variés, avec leur résultante attendue, et juste derrière, leur cohorte d'effets secondaires non souhaités éventuels ou garantis... immédiats, voire même tardifs pour certains. Si jamais il prescrit 2 médicaments, cela commence à être plus délicat à interpréter, et se corse carrément si la liste est vraiment longue ! Déjà qu'il ne vous a pas connus quand vous n'êtes pas malades !

 

 

Communiquer avec le psy :

J'insiste sur ce point, car cela ne semble pas évident pour tout le monde. Si on ne le fait pas, il se retrouve face à un adulte ou adolescent qui réagit comme un bébé. Le bébé ne parle pas, on doit tout deviner en observant et étudiant son langage non-verbal. Il faut reconnaître que les limites sont vite atteintes.

 

 

Pourquoi préparer l'entretien :

En dehors de toute maladie, qui n'a pas, sans avoir préparé une entrevue de quelque nature que ce soit, constaté une fois qu'elle est terminée, on s'aperçoit qu'on a oublié de parler d'une chose essentielle ?

 

Au travail, en direct ou au téléphone, il faut préparer un entretien, ne serait-ce que pour éviter une perte de temps précieuse, mais aussi éviter de faire perdre du temps à l'autre; et, point très important, pour être certain d'atteindre son objectif.

Dans beaucoup de domaines, un entretien non préparé par écrit se solde par un échec. Pourquoi ? Quand on est seul, on peut imaginer après réflexion, avoir une idée précise des points à développer. Mais dès que l'on se retrouve dans un autre cadre, face à l'autre (ou d'autres), le cadre qui a changé peut nous distraire et nous absorber, et je ne parle pas de l'(des) interlocuteur(s)... on peut jusqu'à s'égarer.

 

Une chose est certaine, lorsqu'on est malade, ces aléas sont démultipliés. On est beaucoup plus facilement déstabilisables. Raison de plus pour préparer sérieusement l'entretien.

 

 

Le carnet de bord :

Le carnet a le mérite d'être constitué de feuilles reliées, et c'est très pratique pour les conserver ensemble. Il n'est pas trop encombrant non plus. 

Un historique est riche d'informations, même pour soi. Noter la date, l'heure (très utile pour suivre un effet d'un médicament), les points négatifs et aussi les points positifs, aussi bien en ce qui concerne notre humeur, notre affect, notre état mental que des événements que nous trouvons importants et notre réaction. Avant l'entretien, faire la synthèse.

 

 

L'entretien :

Il a une durée limitée, raison de plus pour l'avoir préparé. Ces points abordés, le psy pourra d'autant mieux consacrer le reste du temps de l'entretien à vous écouter plus profondément que vos symptômes. Un échange vrai peut ainsi exister.

 

 

Suivre la prescription du psy :

Cela va de soi, mais pas pour tout le monde. On ne la modifie pas, selon ses propres inspirations, suivant ce que l'on ressent. Certaines personnes affirment : mais je me connais mieux que le psy ! Peut-être, mais pas les médicaments... On revient à la case communication. S'il y a un problème urgent, contactez votre psy, c'est lui prendra la décision.

 

 

Le psy doit être contactable en cas de problème :

Très peu de psys mettent leur adresse e-mail sur leur entête de feuille de prescription.

Un e-mail dérange beaucoup moins qu'un coup de téléphone. On peut le lire quand on veut, le lire prend beaucoup moins de temps qu'écouter quelqu'un : un texte s’appréhende d'un coup d’œil, un discours reste linéaire quoi qu'on fasse ! Sauf exceptions qui resteront toute leur vie à la lecture linéaire. Ensuite, la réponse dépendante du problème posé, peut être écrite et envoyée selon notre disponibilité et du degré d'urgence. Que les psys se rassurent, on a autre chose à faire que de leur écrire si tout est ok ! 

Et le mail présente l'avantage indéniable de ne pas perturber les consultations.

Ce qui est loin d'être le cas avec le téléphone.

  

 

Certaines personnes refusent le traitement de peur de perdre leur créativité en évoquant des personnalités et artistes célèbres qui ne furent pas soignées. La bipolarité serait reliée à un caractère artiste. Rien n'est prouvé.

Si l'on ouvre un minimum les yeux, on constate que c'est loin d'être systématique. Van Gogh aurait été bipolaire : les experts qui ont travaillé sur des archives ont constitué une liste d'environ 6 à 7 affections très différentes. On est très loin de l'unanimité ! Nietzsche aussi ! Si on regarde sa bibliographie, il avait de grandes probabilités d'avoir contracté une autre affection ! Certaines maladies vénériennes qui étaient courantes à l'époque peuvent finir par attaquer le cerveau en donnant des symptômes de folie.

Par contre, il est beaucoup plus facile, mais bien moins réjouissant de se rapporter à plein de nos contemporains, dont beaucoup sont morts, soit par suicide, soit overdose, alcoolisme etc, ou passent le restant de leur vie dans des hôpitaux ou des centres d'accueil.

 

 

Comme j'ai vécu les 2 états, je choisis sans hésiter la santé !  même si je dois prendre un médicament très longue durée, voire à vie. Il y a plein d'autres maladies où c'est le cas : problème de thyroïde, diabète, tension etc. et les gens ne se posent même pas la question, même si ça les ennuie d'avaler 1 cp, et sont plutôt heureux qu'ils aient un traitement qui marche ! Et c'est mon cas dorénavant, maintenant que j'ai compris !

 

 

 

 

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T
Bonjour,<br /> Toi description de la relation patient à psy . Oui en effet comme tu le rappelle et le nomme "carnet de bord", pour la personne souffrant de trouble bipolaire, un suivi de ses humeurs via un journal ou tableau de suivi des troubles d l'humeur est très conseillé . Cela permet de comprendre si le traitement ne fait pas défaut à la maladie . <br /> <br /> Bonne journée,
Répondre
P
Je ne fais plus de suivi écrit de mes humeurs à dire vrai, tout en y restant attentive. Ça, c’est pour les périodes où on n'y voit carrément pas clair... C'est ainsi que j'ai pu constater au bout de quelques mois de traitement de l'apnée du sommeil, due pour mon cas à une obstruction nasale quasi totale de conformation en grande partie, des effets secondaires, sur mon cerveau, que je n'aurais même pas imaginés, BENEFIQUES. Ma vie est carrément facilitée et cela me met le moral au beau fixe, comme avant d'avoir été malade. Il y a des choses que je découvre progressivement depuis avril 2016 à ce sujet. C'est vrai qu'avec mon masque nasal toutes les nuits, je ne fais plus d'apnées/hypopnées du sommeil. La bonne dose d'oxygène dans le sang et par conséquent, dans le cerveau, cela a des conséquences énormes. Je n'irai pas jusqu'à tester sans lithium :), je me contenterai de profiter de la vie avec et avec masque, et de bien surveiller le pharmacien (pour qu'il ne me change pas rien à mes prescriptions) et mon médecin pour qu'il fasse bien mon suivi biologique (reins, foie, au moins).
P
Je ne comprends pas ta dernière phrase. En ce qui me concerne je n'ai qu'un médicament, teralithe 400 LP, pour traiter le trouble bipolaire (et heureusement car j'en ai 6 autres pour mes autres pathologies... Heureusement que j'ai un masque nasal pour l'apnée du sommeil