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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 06:38

 

Parcours de santé mentale, [2007-2010] Blog 1 

 

4 ans ont passé sans problèmes, ni aucune alerte.

 

Attention... Je n'ai pas écrit : à l'état vraiment normal. Et puis, j'avais toujours des angoisses, pas à chaque instant, mais oui, aussi une angoisse de fond, de surcroît. On finit par s'en accommoder. On n'a pas vraiment le choix... 

 

 

Mais à l'automne 2005, fin octobre, des troubles du sommeil ont commencé, ... se sont installés vraiment. Je n'avais pas du tout envie d'en parler, pas plus que de le reconnaître même vis à vis de moi. Une inquiétude sourde. Mon bouclier commençait à se craqueler de partout.  28 - Je croyais être guérie ! 

(17-09-2018)  En avais-je un d'ailleurs ? Je ne crois pas, pour être franche. Mais je pense sincèrement que je voulais être débarrassée de cette maladie, tout simplement et que je m'y adaptais, pour aller de l'avant, tant bien que mal...

 

J'aurais dû signaler immédiatement les problèmes de sommeil à mon psychiatre. Il n'y a pas que les malades mentaux qui taisent ce genre d'évidence.  Qui a envie de reconnaître qu'il a perdu ? Pas facile.

 

 

Et c'est ainsi qu'un samedi en fin d'après-midi, alors que je venais de faire du bricolage, de la peinture, en rangeant le solvant au garage, j'ai commencé à prendre conscience d'un danger imminent en voyant tous mes autres solvants sur l'étagère. Risque d'explosion ! Je les ai tous alignés sur la table de jardin et ai appelé les pompiers, la cellule d'intervention chimique, pour qu'ils viennent les chercher. Je suis restée plus d'une heure à attendre, angoissée, à les surveiller, à chercher quelle bouteille ne devait pas côtoyer telle autre. Personne ne pouvait me détourner de cette angoisse, pas même mon mari ou mon fils. Ils ne sont pas venus, le tableau que j'ai décrit ne les a pas alerté.

 

Plus tard, je me suis mise à chercher le chien roux dans la rue, il connaissait la réponse. Inutile de vous dire que dans le quartier, on a commencé à voir que je débloquais... Ce chien était celui du fils d'une voisine, qui venait parfois en weekend, et il avait une tête très sympathique, toujours avec le sourire. Probablement la tête d'un chien heureux en liberté. Puis, j'ai voulu aller donner de l'argent à une personne que je ne connaissais pas, au foyer de réfugiés et j'étais déjà entrain de partir quand, je crois, les pompiers ou un médecin de garde sont venus me chercher.

 

 

 

Mon mari n'a pas tout à fait la même version. J'étais aussi angoissée car on avait accompagné mon fils à une fête pour le weekend, à 30 km de chez nous, juste avant cet épisode, et je ne connaissais pas ces familles, ni toute la bande de copains. Quand on connait les excès de certains grands ados avec l'alcool, et surtout en groupe.

 

L'histoire des solvants s'est terminée non sans conditions, il a fallu en disposer certains, les plus dangereux,  aux 4 coins du garage, avant de partir !

 

Car, avec un de mes beaux-frères, ils ont réussi à me convaincre d'aller aux urgences à Lyon. On y a passé le reste de la soirée et une partie de la nuit à attendre, pour finalement me renvoyer chez moi. Eh oui ! Chez moi ! Pas assez pété, le câble ! Le lendemain matin, quand mon mari s'est réveillé, il a découvert progressivement que toutes les portes avaient été ouvertes. Les portes, les fenêtres, les tiroirs, même ceux du réfrigérateur et congélateur... tous ! Et qu'il fallait absolument envoyer un mail pour prévenir le père de la copine de mon fils, et quand on aurait sa réponse, on pourrait les refermer. Et c'est là qu'ensuite, j'ai cherché le chien roux, puis que j'ai commencé à partir dans la rue, les billets à la main... quand le médecin de garde est arrivé pour m'examiner.

 

Pour toutes les portes et fenêtres ouvertes, c'était pour qu'une entité puisse entrer (personne physique, ou pas, je ne sais pas... jusqu'à la porte du frigo...), je me suis bien gardée de le raconter à mon mari. Je l'attendais, il devait trouver refuge. Cela m'a bien traversé la tête, très rapidement, que quelqu'un pourrait profiter de la situation. Mais c'était tellement mineur comparativement à l'importance de ma réelle préoccupation. Comme c'est étrange ce que les angoisses peuvent générer dans un cerveau en phase maniaque. 

 

 

 

 

C'est alors que, munis d'un courrier du médecin de garde, nous sommes repartis aux urgences de Lyon, qui m'ont de nouveau reçue en consultation, puis adressée à l'hôpital spécialisé de mon secteur. Bilan : 30 km aller, 30 km retour le samedi, 30 km aller, 59 km retour sur la même direction, sans compter les péages... Le temps passé pour tout le monde, aussi. On n'a pas tous la même notion de l'économie. S'ils avaient tenu compte des propos de mon mari, demandé à voir le dossier médical, le tableau clinique était d'une simplicité déconcertante.

 

 

Puisque ce dossier n'existe pas pour informer en cas d'urgence,

je constitue mon dossier médical, à partir des documents médicaux,

auxquels j'ajoute mes commentairesEt c'est d'ailleurs très instructif à plein d'égards...

 

Donc, j'en étais à :

"Essai sous surveillance médicale d'une vie sans téralithe LP400", fin de 4ème année.

C'est ce que nous avions convenu.

C'est trop compliqué à comprendre pour un urgentiste ou un autre psychiatre ?

Pourquoi le dossier médical du psy ne serait pas visualisable par la carte vitale ?

Ce serait trop simple, peut-être ?

 

 

 

Ce que redoutait Françoise Poncet, qui m'avait découragée de faire l'essai sans téralithe, s'était passé : une manie franche. Je n'avais jamais été hospitalisée dans ce lieu, ils n'avaient donc pas de dossier à mon sujet, ils n'ont pas non plus demandé d'informations. Mon mari en a pourtant proposé. J'avais pourtant tout mon dossier bien en ordre à la maison. On aurait pu me redonner immédiatement du téralithe et tout serait rentré assez vite dans l'ordre.

 

      **********************

 

Je cite la Haute Autorité de Santé (HAS) :

 

"TERALITHE 250 mg et TERALITHE LP 400 mg entrent dans le cadre d’un traitement symptomatique ou préventif. Le rapport efficacité/effets indésirables de ces spécialités dans le traitement curatif des états d’excitation maniaque ou hypomaniaque est moyen. Le rapport efficacité/effets indésirables de ces spécialités dans la prévention des rechutes de psychoses maniaco-dépressives et des états schizo-affectifs intermittents est important. Ces spécialités sont des médicaments de première intention. Il existe des alternatives thérapeutiques. Le service médical rendu par ces spécialités est important."

 

puis :

 

"6.2. Place dans la stratégie thérapeutique. Le trouble bipolaire étant caractérisé par la récurrence des troubles, le risque de récidive justifie la mise en oeuvre d’un traitement prophylactique. A l’heure actuelle, il est admis que ce traitement peut être débuté dès le premier épisode maniaque ou mixte. Le lithium est prescrit en première intention. La carbamazépine, le divalproate de sodium et le valpromide constituent des alternatives, notamment chez le sujet à cycles rapides, lithiorésistant ou intolérant au lithium."

 

      ************************

 

 

La question que je me pose c'est, quand même, pourquoi on ne me le re-prescrit pas à ce moment-là.  Mais c'est vrai aussi, que si le psychiatre a décidé qu'il fait comme il veut, et seulement en fonction de ce qu'il observe, voilà le résultat ! Et si on procédait de la sorte dans l'industrie, où irait-on, à votre avis ?

 

Eh oui, au lieu de recommencer à me prescrire le Téralithe, médicament qui m'avait bien stabilisée, me voilà sous Zyprexa, Dépakote, et Tercian !

 

 

 

Mes hallucinations étaient cette fois-ci plus légères. Je m'étonnais de voir presque en permanence, sur le carrelage, des traces, des messages écrits, luminescents verts ou bleus sur le sol. Étrange, et pourquoi pas ailleurs ?

La clientèle de cet hôpital n'était pas triée sur le volet comme à l'Hôtel-Dieu de Paris. Je ne suis pas vraiment rentrée en contact avec les autres patients, par manque d'affinité évident, principalement. Sauf un qui m'a volé mon lecteur de CD (pour tenter de le récupérer) et venait me narguer avec, pendu à son cou, en disant où il l'avait acheté la veille. Je n'ai pas insisté, cela aurait pu mal tourner, avec ce personnage. Il y avait même un dealer. Je ne souhaitais pas m'intégrer. Je n'ai pas plus de souvenirs de ces 3 semaines. Je ne me souviens même pas d'un seul entretien avec un médecin.

 

Ah si, je me souviens d'une infirmière, qui m'a donné rendez-vous dans un centre plus près de chez moi et à qui j'ai prêté mon manuscrit, je ne sais plus ce qu'il en a résulté, sauf que j'ai dû m'y rendre pour le récupérer. Je crois bien que c'est un C.M.P. Le seul sentiment qui m'en reste, c'est que j'ai eu l'impression qu'on voulait m'enfermer dans un statut : malade mental. Ce que j'ai détesté.

 

Je ne voulais pas avoir des rendez-vous programmés dans un lieu où je côtoierais des personnes atteintes de maladie mentale. Pour moi, c'est un piège. Des personnes atteintes de maladie mentale, j'en côtoie déjà dans ma vie privée, famille, amis. Je connais bien le problème. Je vais éluder le sujet, cela ne plairait pas aux personnes concernées. Ce n'est pas par ce biais que je souhaite agir. Ce n'est pas la succursale de l'hôpital spécialisé que je recherche, c'est l'intégration réelle dans la société. 

 

 

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Paulette Benetton

Isère  ARA  France

née en 1952

bipolarité is away et le reste aussi !😀

clarinette                           3e cycle Biochimie et Chimie Organique

Emplois successifs Prof. de physique/chimie,

Technico-commerciale, Animateur régional des ventes, Responsable du SAV au téléphone, Laboratoires Biotrol, Paris

Centres d'intérêts  voyages, photo, 3D, santé mentale, neurosciences, clarinette violon, bricolage jardin, bandes desssinées etc.