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16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 21:55

Parcours de santé mentale, [1994-2002] V1 autoédit. 2002  allégée, accueil et articles 1-26

 

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23/05/2018

J'ai redécouvert, aujourd'hui, sur mon blog, des apartés que j'avais oubliés.

A l'origine, je les avais regroupés sous forme de notes. La longueur de certains m'a décidée d'opter de les grouper en articles par chapitre, avec des liens d'accès. Nous avons souvent tendance à les zapper... Le lien du Sommaire vers les notes ne ciblait que sur les notes-1.

Ils peuvent se lire indépendamment.  Pour en faciliter le survol, les voici tous regroupés dans un article figurant au Sommaire.  Les liens par article continuent de fonctionner.

 

 

1 - L'envol    Notes-1

 

1   Je m'émerveille devant la nature et en particulier le mystère du cerveau capable de se détraquer et presque simultanément d'en être conscient. Ce qui prouve, somme toute, qu'il ne fonctionnait pas si mal, globalement. C'est rassurant, non ? La seule explication pour moi, est que le centre de contrôle : la conscience ne se situe pas dans cette zone dite du barrage.  Avec le recul, j'interprète ce phénomène de dérèglement du cerveau de façon très simple en fonction de mon vécu antérieur. De très nombreuses connexions entre neurones, porteurs d'informations ayant suscité un choc émotionnel trop fort, mais aussi d'autres informations capitales et indispensables à un bon équilibre psychique sont devenues interdites au fil des ans. À mon avis, une bonne capacité d'association oeuvre efficacement dans cette direction. Ce groupe de neurones constitue à un moment donné comme un gros barrage prêt à craquer. Et un jour, la déferlante passe, d'où cette sensation de grande vitesse caractéristique, mais aussi d'erreurs, car tout dévale pêle-mêle.

 

2   J'ai imaginé que ce besoin, de tout relier dans le temps, existe précisément parce que la liaison avec le réel actuel est devenue presque inexistante. La communication avec l'entourage est souvent à sens unique, et ce qui caractérise cet état en particulier, c'est l'isolement très grand de la personne, malgré de nombreux échanges verbaux. L'interlocuteur ne saisit souvent pas le quart de ce qui est dit, d'une part à cause d'un contenu incohérent pour lui, d'autre part en raison de la vitesse d'élocution. Mais la grande distance vient surtout du fait que même la phrase la plus simple ne sera pas prise à la lettre, mais automatiquement interprétée par la personne en état de mania. On vit dans l'imaginaire au sens propre, c'est-à-dire que tout ce que perçoivent nos sens est interprété en fonction de lui seul. Bien sûr, à l'état normal, on utilise aussi notre imaginaire, mais la grande différence, c'est qu'il y a un temps de réflexion et, ou de communication avec d'autres personnes. Là, tout va si vite que tout paraît vrai et évident. On peut penser qu'on est en situation de pensée réflexe au même sens qu'un geste réflexe comparativement à un geste volontaire. La contestation même intérieure n'a plus de place ou presque.

Je me rends compte en écrivant ces lignes que ce phénomène est courant. Beaucoup de personnes vivent dans l'imaginaire au moins sur certains plans. Tout cela devrait intéresser les neurologues…  D’autre part, à tous ceux qui sont encore convaincus que notre pensée n’a pas de support matériel, je dirai qu’il n’est pas nécessaire que l’on soit conscient de quoi que soit pour que cela existe et vice-versa.

 

3   J'ai fait la connaissance de Christian lorsque j'étais à l'Université. Il était à l'INSA. Tout le monde, dans la bande des copains, l'appelait Tintin, je n'ai jamais su pourquoi. Ensuite, chacun d'entre nous s'est intégré dans le monde du travail, des emplois provisoires en attendant de trouver mieux. Christian se déplaçait en moto, et il n'était pas le seul dans le groupe. Il était prudent, ne prenait pas de risques inconsidérés contrairement à d'autres qui recherchaient l'exploit. Un après-midi, en centre ville, un automobiliste lui a grillé une priorité à droite. Il est tombé et son cou a heurté le bord du trottoir. Par civisme, non ! Pour s'assurer que ce n'était pas grave, ce monsieur l'a aidé à se relever, geste à ne surtout pas faire dans ce cas. À peine debout, Christian a dit : j'étouffe. Sa voix n'était déjà presque plus audible. Christian est retombé sur le macadam. Un médecin passait par là et lui a fait un massage cardiaque immédiatement. C'est le premier geste depuis ce 15 août 1979 qui l'a ramené à la vie.  Depuis ce jour, beaucoup d'énergie : électrique, physique, morale, etc.  est dépensée pour qu'il vive, mais la partie la plus importante est en lui. Je sais qu'il est passé par des épreuves terribles qui ne pourraient être décrites que par lui seul, qu'il a choisi de vivre, qu'il n'en veut à personne et qu'il a toujours son sourire. On peut lui parler de tout, il ne se voile pas la face. C'est un homme merveilleux. La trachéotomie qui lui permet de respirer, empêche ses cordes vocales de vibrer. Il faut bien se rapprocher de lui pour entendre ce qu'il dit. Cela rend les discussions difficiles, on distingue moins bien certaines syllabes entre elles. Alors, il faut lui demander de répéter. Cela me coûte beaucoup de le faire en particulier si c'est trop fréquent et plusieurs fois pour la même phrase. Je ne veux pas faire semblant d'avoir compris. Le seul fait de le voir vivre ainsi, me permet d'oser avancer dans ma propre expérience. Mais j'aimerais aussi faire davantage pour lui. Christian est décédé au début de l’année 1999. Cela ne faisait que quelques mois qu’il s’était informatisé, il venait de gagner un degré de liberté au prix d’efforts énormes. Il n’a jamais abandonné.

 

2 - Voyage sous surveillance.    Notes-2

 

1    Je me suis souvent posé la question si les gens qui travaillaient là (ou dans les hôpitaux psychiatriques, c'est le même système) avaient réfléchi au moins une fois à ceci : s'il leur arrivait de vivre cette expérience, n'auraient-ils pas eux aussi la curieuse sensation d'être mis en prison ? Comme si les malades n'avaient pas déjà assez d'angoisses autres ! Les considérer en adultes et personnes responsables ne les aiderait-il pas mieux ?  Si certains me lisent, je leur fais quelques suggestions : tout d’abord, prévoir au préalable dans les locaux, un sas d’accueil pour permettre une transition douce, d’où je les conduirais immédiatement dans un bureau pour m’enquérir de leur état, des évènements qui les ont conduits ici. C'est la moindre des règles de savoir-vivre. Je leur parlerais du service et de son activité (s'il y en a), et de son règlement, que la porte est fermée pour des raisons de sécurité. L'expérience qu'ils vivent non seulement les effraie, mais effraie aussi les autres parce que c'est l'inconnu. Par conséquent, il est préférable de limiter la communication. Parallèlement, la taille réduite du milieu les aidera à se concentrer, se relaxer, etc. De plus, je suis persuadée que tout être humain pourra beaucoup mieux se défendre psychologiquement par rapport à un dit que par rapport à un acte. Pour tout dire, cela me paraît être une évidence. De plus, quand on parle de règlement, tout individu peut toujours imaginer qu'il n'a pas été conçu pour son propre cas. Ça fait toujours du bien, et comme dirait quelqu'un que je connais bien, ça ne mange pas de pain.

 

2     Je sais à présent que cette connaissance est un des facteurs majeurs qui m'ont permis d'aller jusqu'au bout. Mais je sais également que tout le monde n'a pas la chance de revenir de ce voyage. Je ne le souhaite à personne. La seule chance que j'ai eue, c'est d'avoir dans ma mémoire innée et acquise tous les éléments indispensables pour le faire et que de nombreuses mains se soient tendues vers moi.

 

3   Je reconnais néanmoins que j'ignore tout de la numérologie, et que par ailleurs, il y a des nombres magiques par le message qu'ils contiennent. 3,14159..., par exemple, est relié indiscutablement à la sphère et au cercle. Sa connaissance et son mode d'utilisation sont indispensables au calcul du volume et de la surface correspondants. Je sais aussi que la sphère, le cercle…, l'hélice sont représentés un nombre infini de fois dans l'univers à l'échelle tant macroscopique que microscopique.

 

4   La résolution de cette énigme a été très pénible à vivre. J'ai eu la chance d'avoir des repères fiables dans le temps, entre autres, mon deuxième cousin vivant. Elle m'a laissée dans le doute jusqu'à ce que je puisse écrire ces lignes. Tous ceux qui connaissent l’incertitude sur la réalité de faits savent de quoi je parle.  Les conditions extérieures de notre entretien (un vase clos) m'ont fait halluciner… À moins que mon état n’ait suffi !... Le médecin qui était dans le doute l'a exprimé inconsciemment par l'expression de son visage, de même que celui qui n'en avait pas à ce moment-là. Cet ensemble de facteurs et probablement certains éléments de ressemblance ont provoqué ma double hallucination, dont l'image est gravée dans ma mémoire acquise. Eh non ! Pas de mon imagination ! Ce scénario, ils ne l'ont pas choisi, il leur a été imposé par la personne qui a conçu la gestion des locaux du service, qui elle-même n'avait pas non plus le choix... Voilà ce qu'on obtient lorsqu'on transforme un bâtiment conçu pour sa fonction initiale. Ces médecins n'en ont rien su, je ne voulais pas aggraver mon cas à leurs yeux. Avec plus de recul, je pense sincèrement que le travail du corps médical devrait en tout premier lieu et toute première intention être consacré à la mise en confiance du patient et que sans cela, tout le reste est bien inutile : les observations, les enregistrements vidéo, les conclusions, le temps passé… Je n’ai été là qu’un cobaye de laboratoire : on m’a peut-être induit sans le savoir une réaction hallucinatoire et cela n’a pu être transcrit dans le rapport de l’entretien, car j’ai sauvegardé ce qui me restait de liberté : paraître pour ne pas communiquer avec ceux pour qui je n’existais pas. Et même en supposant que mon hallucination ne fût pas un artéfact de laboratoire, on ne peut que constater une chose : j’ai masqué cet événement.

 

5   Peut-être ai-je manqué d'humour ? Je reconnais que ce n'est pas mon fort. Peut-être est-ce mon comportement qui l'a poussé à se retrancher ainsi ? Je ne puis que constater, avec le recul, que c'est possible, mais que ma personne n'a jamais constitué qu'une des composantes parmi tant d'autres. Et que le résultat est le fait d'une dimension humaine sur laquelle je ne peux pas agir : la communication. Non seulement, on n'y est pour rien, mais on ne peut pas l'empêcher. On ne peut séparer ou faire rencontrer que des personnes. Chaque individu décide individuellement, consciemment ou non, si la rencontre doit continuer dans le temps et dans l'espace. Et la profondeur de la communication est totalement indépendante des facteurs précités. Je me rends compte maintenant que l'inconscience de la conscience est intolérable et pourquoi j'ai pu effrayer tant de personnes. Le boomerang me revient encore une fois en écrivant ce livre. Cela me prouve que je l'avais lancé à nouveau. C'était prévisible. Mais je n'ai pas choisi de refaire ce chemin « à tête reposée ». C'est en fait loin d'être le cas, mais occasionnellement, et pour des temps courts qui se sont réduits au fur et à mesure que j'ai avancé. Au moment où je l'écris, je totalise environ soixante pages en discontinu et ça ne dure déjà plus qu'une demi-heure. Et je ne le ressens que sous forme de palpitations cardiaques. C'est tout de même mieux ! Je voulais seulement prouver qu'on pouvait guérir d'une psychose. Montrer le chemin. Jamais je n'aurais imaginé que cela se passerait ainsi. J'avoue n'y avoir même pas pensé. Contrairement à ce qu'on m'avait dit ce n'est pas du courage qu'il faut d'abord pour prendre ce chemin, mais une bonne dose d'inconscience. Et maintenant, je ne conseille le mien à personne.

 

6   Pour ce qui est de l'évènement précédent, je sais maintenant ce qui l'a provoqué. Ma mémoire olfactive est très développée. Un mot ou une situation peuvent me ramener une odeur sans que l'objet qui la dégage ne soit présent, un peu comme certains voient des fantômes. Je me souviens, par exemple, de l’odeur infecte qui m’envahissait dans l’amphithéâtre de chimie pendant les cours de synthèse organique sur les savons ! J’aurais préféré le parfum du savon de Marseille… J’en avais d’ailleurs parlé à un des professeurs de chimie organique qui m’avait répondu que c’était intéressant et que l’université comptait un laboratoire effectuant des recherches sur ce sujet.  Par ailleurs, j'avais auparavant toujours été très perméable aux films, on peut dire que j'étais un peu comme une éponge, je ne pouvais prendre aucun recul, je subissais, je le vivais ! Étudiante, j'avais vu un film très dur, très détaillé sur l'holocauste qui m'a profondément marquée. Peu de temps avant d'être hospitalisée, un incident s'est produit alors que j'avais un plat au four. J'ai voulu abaisser la température de cuisson et les flammes se sont éteintes. Je l'ai découvert quand un heureux hasard m'a conduite au salon pour répondre au téléphone. La différence d'odeur m'a alertée. J'en ai tremblé de tout mon corps après avoir fermé le robinet de gaz du four, ouvertes grandes les fenêtres, puis le four lui-même. J'ai choisi cet ordre pensant que cela pouvait éviter une explosion, j'ignore si c'est justifié. Je m'apprêtais à allumer une cigarette ! A l’hôpital, persuadée d'être dans un centre d'extermination, il m'a suffi de voir une personne qui s'opposait à ce qu'on referme la fenêtre pour me faire revivre une très forte odeur de gaz et de trouver à tout prix le moyen d'empêcher une asphyxie collective.

Je peux dire que ma mémoire olfactive associée à des observations de faits réels m’a fait vivre une hallucination. J’ai pu la contrôler grâce à la présence d’esprit du surveillant et à son grand professionnalisme.

 

7   J’imagine à présent qu’elle ne pouvait comprendre que par l’expérience ces choses qu’elle était incapable de comprendre intellectuellement. De la même manière, j’ai abordé la maternité au prix de surmonter d’énormes difficultés que la majorité des femmes ont de la peine à croire. Ingrid pourrait aussi nous en donner des nouvelles.

 

8   Auparavant, j'étais très sensible à tout ce qui est un peu surnaturel ou extraterrestre, je plongeais littéralement dedans. Maintenant, je peux voir, par exemple à la télévision, ces choses de façon très distante et mon intérêt s'est vraiment amenuisé. Il y a tant de choses plus importantes sur lesquelles on peut agir et vérifier les effets. Néanmoins, je regarde pour en tester la crédibilité.

 

9   Je ne percevais plus le temps. J’avais un sentiment d’immortalité. Tout apparaissait comme dissocié en tant que fait, événement, etc. L’activité continue de vérification des similitudes, des liens et des relations entre les faits, les personnes, etc., m’apparaît comme un moyen de le retrouver ou de combler ce vide. J’ai du mal à expliquer, il y a vraiment de quoi devenir fou… Ce n’est peut-être qu’un mode de fonctionnement préexistant à l’état inconscient mis en évidence par la rupture de perception du temps. Quand je pense que dans certains diagnostics, on trouve des expressions du style : incapacité de se fixer sur un sujet, (on pourrait en dire autant d’un chercheur effectuant une étude épidémiologique) ; procédurier, (il vaut mieux si on ne veut pas y perdre son âme…) Ou plus simplement : n’est-ce point une preuve que la personne est consciente ? …

 

4 - La chute libre   Notes-4

 

1   Pour eux, ce problème venait du fait que j'étais malade. Et mes collègues avaient raison. Maintenant que je relis ce texte, en octobre 2000, je sais que cette réaction était due à une régression, et encore je n’en suis pas sûre, je pense plutôt qu’en réalité, ma croissance mentale s’était bloquée pour tout ce qui concerne la maternité à l’âge de dix-onze ans. En effet, je n’ai pas le souvenir d’avoir grandi sur ce point depuis mon enfance jusqu’à ma maladie. Maintenant, ça va, merci. Mais c’est tout de même époustouflant comment fonctionne le cerveau !

 

2   Après avoir écrit ces lignes, j'ai fait une recherche auprès de la clinique. Quelques incertitudes se sont levées. J’y suis restée environ deux mois et demi. Je l'ai quittée deux mois avant d'accoucher. Il est hautement probable que le personnel médical ait tenté d'établir la communication avec moi. Toutefois, quand on observe comment s'installe un mur entre deux personnes non malades et cela peut se faire très vite, il n'est pas nécessaire d'avoir beaucoup d'imagination pour comprendre ce qui a pu se passer. Des schémas, des a priori, des réflexes… Des schémas, des a priori, des réflexes...

 

5 - La naissance.    Notes-5

 

1   Cinq semaines se sont écoulées depuis que j'ai écrit cette phrase. L'image qui était devant mes yeux est enfin nette. Jamais je n'aurais imaginé que je sois inconsciente à ce point. Les faits parlent pour moi.

 

2   Dans les jours qui suivirent ce souvenir, j'ai pu prendre mon premier bain, vraiment relaxée. J'ai eu une crampe dans un mollet à un moment où je ne faisais aucun effort physique, bien campée sur mes jambes. La douleur a été brève, mais intense. J'ai dû boiter pour marcher sans souffrance. C'était très bizarre. Car ce n'était pas une position d'extension qui l'engendrait, mais la simultanéité de cette position avec la station debout et appui sur les deux jambes. Je ne savais pas qu'il s'agissait d'une crampe. J'ai eu peur de boiter définitivement. J'ai préparé un bain chaud aux algues avec mon bain moussant. La douleur y a disparu car j'ai ajouté ma concentration pour que la relaxation soit totale. J'ai pu ensuite marcher sans problème, quelques minutes, mais c'est revenu. La résolution de mon énigme m'a été apportée par un de mes neveux qui l'avait expérimentée à maintes reprises à la piscine. Il savait identifier et solutionner immédiatement cette tétanisation du muscle. On la lui avait enseignée. Les sportifs connaissent bien, moi pas. Je ne suis pas sportive. Je n'apprécie l'effort physique qu'associé à du plaisir. Je n'aime pas les piscines, je m'y sens comme un animal en cage. (après tout ce travail, c’est fou, plus maintenant ! ) J'aime nager, faire la planche, plonger, j'ouvre les yeux et la bouche sous l'eau si l'eau est de bonne qualité. J'ai aimé remonter un petit fleuve du midi de la France à l'époque où il n'était pas pollué. La végétation était luxuriante sur les berges. On entendait les oiseaux, d'autres animaux. Il nous est arrivés de croiser un serpent d'eau passant d'une rive à l'autre. C’est mon petit côté femme de la jungle… Toutes ces satisfactions m'ont aidée à dépasser momentanément ma peur du gros poisson-monstre imaginaire qui nageait au-dessous.

 

3   Comme le nouveau-né humain semble démuni quand on le compare au petit mammifère animé d’un tas de réflexes dès qu’il est sorti du ventre de sa mère. Si les animaux nous semblent dotés d’un instinct infaillible pour faire face à toutes les situations dès la naissance, c’est parce que c’est vrai, mais aussi parce qu’on est moins sensibles à l’échec et surtout à la mort de ceux qui ont eu un gène différent (mutant) et, ou ceux qui n’avaient pas encore acquis la programmation pour faire face à une situation nouvelle. Même si l’humain a une quantité de programmes énorme pour répondre à tous les stimulus enregistrés par son cerveau, on est encore loin de savoir jusqu’à quel point, d’autant que cela ne fait pas si longtemps dans l’histoire humaine qu’on s’en est aperçu.

 

7 - Electrochocs     Notes-7

 

1   C’était plus ou moins vrai au moment où j’ai écrit ce chapitre, oui, … Et plutôt moins que plus. Deux ans ont passé, maintenant je suis très calme, mais je ne renie pas ce que j’ai écrit. Je suis même surprise de ma cohésion dans cet état. Sept ans plus tard : cette hypersensibilité n’est plus qu’un souvenir. Je suis vraiment perplexe et j’aimerais vraiment connaître la réelle suite des causes à effets

 

9 - Hôpitaux de montagne    Notes-9

 

1   Au cours des cinq ans qui ont suivi ma dernière hospitalisation, j'ai dû partir précipitamment du peu de soirées où je me suis rendue, car je ne supportais pas physiquement certains rythmes ! Et cela n'était pas du tout lié à des problèmes relationnels. Maintenant encore, j'écoute peu de musique, sauf dans la voiture. Je soupçonne par ailleurs, momentanément peut-être, mon incapacité à faire deux choses simultanément, sauf si l'une d'elles est automatique. Maintenant, cinq années plus tard, cela fait un peu plus d’un an que j’ai retrouvé la joie des fêtes, même si mon fils est là. Je n’ai même plus d’angoisses pour m’empêcher de profiter de ces occasions, génial, non ! J’écoute de la musique quand je le décide, en fonctions de mes envies, mais toujours pas pour meubler l’espace !

 

2   Mais suis-je bête ! Il a fallu plus de dix ans pour que cela émerge dans ma conscience, c’est peut-être tout simplement un moyen de contrôle d’efficacité des médicaments correcteurs d’effets secondaires ! Il fallait y penser !

 

10 - Tribunal pour enfant     Notes-10

 

1   Quand je pense que certaines personnes disent qu’il ne faut pas en donner. J’ai vu dans des émissions télévisées que la DDAS enlève des enfants placés dans des familles d’accueil quand les relations avec l’enfant deviennent trop affectives ! J’en ai la nausée d’y penser et je vous jure que ce ne sont pas que des mots !

 

11 - Réinsertion, première phase    Notes-11

 

11.1   Comme je l’ai déjà évoqué, j’ai subi un coup d’état de mon inconscient. Celui-ci se présente sous la forme d’une réorganisation spontanée de la structure qui sous-tend la pensée. Je ne sais pas si ce sont vraiment des mots adaptés.

 

J’avais en mon cerveau comme une sorte de corps indésirable :

Support de mon refoulement de la maternité, angoisses et terreurs jointes,

Qui rendait l’équilibre impossible.

Ce corps a jailli à la surface pour être évacué,

Provoquant les troubles de comportement si déroutants,

Angoisses et terreurs associées ont mis du temps à s’effacer.

 

Un peu comme si dans toute une zone d’un circuit électrique,

On avait remplacé certains conducteurs par des isolants.

Le courant a pris des nouveaux chemins, de plus en plus détournés,

Jusqu’à paralyser le système, tant il était rallongé et compliqué.

 

La pompe à électrons continuait à marcher,

La tension entre certains points est devenue si grande,

Que les électrons ont franchi les barrières isolantes,

Avec une telle énergie, ça a provoqué des courts-circuits.

La décharge passée, les électrons ont continué,

À avancer tout en accéléré, jusqu’à ce qu’ils soient calmés.

 

Mais ce circuit particulier était naturellement « cloné »

Le temps que tout soit reconnecté, ça s’est remis à fonctionner

 

Les électrochocs serviraient-ils de démarreur pour ceux dont le circuit s’est arrêté de fonctionner ? Ranimer les « électrons » vraiment trop calmés ? Ou alors, est-ce une remise en phase ? Pour aller au-delà, il a fallu que je prenne conscience et que je revisionne tout. Je ne l’ai pas fait volontairement, cela s’est passé naturellement, inconsciemment.

 

Le plus bizarre, c’est que tout se passe comme si j’avais fait une régression tout le temps de la maladie. Je ne le pense pas. Je suis plutôt presque sûre que c’est un pan entier de ma personne qui n’avait pas grandi et qui s’est imposé dans la réaction, masquant tout le reste de mon être, telle une loupe grossit la zone que l’on veut observer pour faire une intervention. Sauf que, dans ce cas, il semble logique qu’une zone inutilisée n’ait pu bénéficier de l’expérience (information intégrée) acquise par le reste de l’entité.

J’ai utilisé délibérément le terme réaction, parce que comme les relations entre les individus me font beaucoup penser aux réactions de chimie et en particulier aux différentes sortes de liaisons entre les atomes, la psychose, pour sa part, m’évoque la radioactivité. Et je vois sans peine les individus, au quotidien, semblables à des atomes, soumis tantôt à des bombardements de neutrons, de photons, au repos, entrant en réaction chimique, etc. Et je trouve que c’est plus facile à manier comme ça. Cela donne un corps à l’esprit. Et si jamais on découvrait les lois de cette nature, cela faciliterait la vie de bien des personnes.

 

11.2   Je vous conseille à ce propos la lecture d’un ouvrage très enrichissant, qui s’est échappé de ma bibliothèque depuis un bon bout de temps. J’ai oublié le nom de l’auteur, mais le titre m’est resté en tête : « Le merveilleux dans le monde animal », paru en livre de poche, dans les années 70.

 

14 - Recherche d'emploi    Notes-14

 

1   Cinq à six ans après avoir écrit ce paragraphe, bien évidemment que cela devait se voir. J’étais toute crispée de l’extérieur et angoissée en permanence, en bruit de fond. Quelle naïveté ! Par contre, sur le principe de non seulement pas le taire, et carrément de le dire, je persiste à penser que j’avais raison. Je ne regrette pas cette attitude, qui m’a, certes, apporté des déboires, en particulier des moqueries et de nombreuses humiliations, mais en même temps, a vraiment participé à me propulser hors de cette spirale infernale. Si je conviens que je ne puisse tirer quelque fierté à avoir eu une psychose, par contre, le fait de l’avoir traversée et d’en être sortie est, à mes yeux, du même ordre d’expérience que les aventures de l’extrême. Et je n’en ai pas du tout honte… Une des différences principales vient de ne pas avoir choisi de le vivre dans ce cas.

 

2   Répliques. Je n’ai pas d’idée pour remplacer ce terme qui paraît bizarre dans ce cadre, il signifie sans aucun doute la grosse part de jeux de scène exécutés lors d’un entretien commercial, de part et d’autre, d’ailleurs.

 

15 - Rupture    Notes-15

 

1   Je surligne, car en relisant ce paragraphe, je ne puis m’empêcher de penser au livre que je lis depuis deux-trois mois. Enfin, je ne comprends pas vraiment tout, car il faut le temps d’enregistrer, mais c’est très intéressant : Biologie de la conscience, de Gerald M. Edelman.

 

2   Le cabinet de consultant a fait faire ce travail, lui. J'aurais vraiment préféré que ce soit fait par mon médecin ou son sous-traitant. Ou une autre évaluation qui permette de rendre compte de la réalité de mes possibilités. Par ailleurs, quand on voit le crédit accordé à l‘analyse graphologique, cela laisse rêveur.

 

3    Je sais à présent que c’est un traumatisme qui a joué un rôle important, mais j’ai reçu les blessures les plus profondes pendant ma petite enfance de la part de personnes dont certaines furent plus bêtes que méchantes.

 

4   Il faut les yeux de la foi pour parler ainsi ! J’en étais encore loin.

 

5   On peut noter qu’à cette époque, d’après cette lettre, mon esprit était assez clair et déterminé bien qu’une certaine confusion règne dans l’expression écrite des idées. Ce qui est parfaitement invisible, par contre, c’est le temps mis pour l’écrire de même que les corrections éventuelles apportées. Mon expression orale, bien évidemment différente selon mes interlocuteurs, n’avait pas la même teneur et dépendait de beaucoup d’autres variables, et en particulier plus que jamais de mes angoisses, tant en quantité qu’en qualité.

 

16 - Psychothérapie   Notes-16

 

1   Dans les années 80, je m’étais rendue à Genève, pour voir le gourou Maharadji (l’orthographe est incertaine), venant de Floride pour un meeting, parce qu’une de mes copines qui était adepte ou disciple m’avait vraiment cassé les pieds pour que je voie ce phénomène. J’avais été très impressionnée par son discours, qui vous remplit tous les pôles de la tête, je n’ai rencontré nulle part ailleurs quelqu’un d’aussi englobant. Mais je n’ai pas manqué de constater que s’il était aussi parfait que tous voulaient le croire, il élèverait avec lui ses disciples au lieu de les laisser ramper à ses pieds. Dès que j’en ai pris conscience, il m’a fait horreur !

 

19 - "Re-con-naissance"   Notes-19

 

1   Je suis très impressionnée d’avoir mis au point tous ces détails…

 

2   Cela vient probablement du fait que mes repères par rapport à la société, comme beaucoup d’autres choses, s’étaient « effacés » et ce stage n’a fait que me rallumer des lampes dans la tête. Mais, n’ai-je pas toujours dit que quand je serai vieille, j’écrirai ?

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Paulette Benetton

Isère, ARA, France

née en 1952

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3e cycle Biochimie et Chimie Organique

Patient-ressource

Emplois successifs

Prof. de physique/chimie,

Technico-commerciale, Animateur régional des ventes, Responsable du SAV au téléphone, Laboratoires Biotrol, Paris

Centres d'intérêts  voyages, photo, 3D, santé mentale, neurosciences

Clarinette violon, bricolage, jardin, bandes dessinées

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José Meix, Sommières, Gard

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