30 Mai 2010
Parcours de santé mentale, [2007-2010] Blog 1
Le 28 février 2007, j'ai donc été hospitalisée à la clinique Lyon-Lumière pour un traitement par sismothérapie. 39 - Sismothérapie 7 - Electrochocs C'était devenu urgent, la situation était intenable pour moi, ingérable pour mon mari, et vraiment angoissante pour mon fils. La dépression profonde vue de l'extérieur, je ne connais pas trop, mais vue de l'intérieur, c'est le néant. Le champ d'actions se réduit à presque rien.
A mon arrivée, j'avais peur de sortir de ma chambre, peur d'aller me doucher, pour ne parler que du minimum de base. La cabine de douche était dans la chambre, et j'étais terrifiée par le simple fait que l'étanchéité n'en était pas parfaite et qu'un peu d'eau s'écoulait devant la porte, dans ma chambre ! C'est finalement une dame de service qui m'a convaincue de le faire, en mettant une serviette pour éponger, mais au bout de quelques jours ! Car auparavant, elle n'avait pas compris pourquoi je n'allais plus me doucher. Je n'arrivais pas à prendre de décision. Je ne sortais de ma chambre que pour aller manger, ce qui était obligatoire. Les médecins ont attendu plus de 8 jours pour que je donne mon accord pour le traitement. Et pourtant, je connaissais le traitement dont j'avais bénéficié des effets positifs.
De la salle d'attente de la sismothérapie, se dégageait une atmosphère très particulière qui tenait à la fois du mystère et du voyage. Sans fenêtres (en sous-sol), cette pièce au décor que j'ai oublié, avec des objets insolites, émettait un ronronnement continu et grave, venant d'une soufflerie. A la fois inquiétante et rassurante !
Les procédures s'étaient beaucoup allégées depuis 1990. Notez tout de même que ce n'était pas au même endroit; en 1990, j'étais à l'hôpital neurologique. Les choses avaient changé :
A partir de la 4ème séance, j'ai commencé à me sentir revivre.
Petit à petit, j'ai participé aux très nombreuses activités proposées et même prescrites ! Excellente idée ! Dans la salle de sport, danse et yoga, dans la salle de musculation, dans la salle de conférences. Le réfectoire, certains après-midis, servait de salle d'art thérapie. Des activités étaient proposées aussi en dehors de la clinique, comme "aller au marché" ou randonnée, et d'autres que j'ai zappées. J'ai discuté avec les autres patients. Dans des salons installés sur une zone passante, dans les halls, avec fauteuils et canapés, pas des chaises de bois comme ailleurs. Une belle terrasse aménagée pour boire et papoter, donnant sur un parc peu arboré, mais facile à surveiller.
Après 10 séances espacées, et une période de récupération, j'étais de retour chez moi en bonne santé... avec bien sûr, une prescription de téralithe... et aussi un peu d'antidépresseur et d'anxiolytique pour quelques temps. Mon hospitalisation a duré un peu plus d'1 mois et demi.
J'ai eu, comme annoncé, des troubles de mémoire, et comme annoncé, ils furent réversibles. Je n'ai pas eu besoin, comme à la suite des traitements que j'avais eus en 1990, de travailler ma mémoire, ni de "revisiter" mon passé par le biais de photos, archives etc. pour que tout se remette en place. J'avais tout de suite reconnu mon mari ! Ils l'avaient prévenu, parfois ce pouvait ne pas être le cas, avec réversibilité, bien sûr. Au bout d'un mois ou 2, tout était ok. Pour le moral, c'était déjà très bien à ma sortie de clinique.
Je n'ai pas d'actions à la clinique Lyon Lumière. Je salue le professionnalisme et remercie toute l'équipe au grand complet. Comme aurait dit ma mère, il y en a qui pourraient en prendre de la graine. Par-dessus tout, chose si rare, le respect et la considération du patient. Cela existe sûrement ailleurs, mais je ne l'avais encore jamais ressenti. Un remerciement tout particulier au psychiatre coordinateur, le Dr Patrick Lemoine sans qui, j'en suis persuadée, cette clinique n'aurait pas atteint ce niveau. Et je l'écris parce que je le pense.