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37 - Le bipolaire, un faible ?

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    Sonia Wieder Atherton, Jeux d'enfants
     
    • Secoues-toi !

    • Fais un effort !

    • Aies un peu de volonté !

     

    Le bipolaire, un faible ? J'ai déjà entendu ça un certain nombre de fois, pour moi, pour d'autres personnes bipolaires, pendant les phases dépressives, dont beaucoup de personnes ne parviennent pas à concevoir la réelle nature. Ils limitent la dépression à ce concept simple de faible, qui résonne en eux, et immédiatement en nous, en termes de compétences et de morale défaillantes. La totale !

      

    Non, un bipolaire n'est pas un faible. Un bipolaire, c'est une personne fragile.

     

    J'ai mis longtemps à intégrer de quel type était notre fragilité : elle est biologique. C'est à dire que ce qui régit notre humeur n'est pas, comme pour la grande majorité des personnes, lié seulement aux événements que l'on vit ou a vécu, mais à des variations importantes de la concentration de certaines molécules dans notre cerveau, selon un rythme propre à chaque personne ; tous les mécanismes ne sont pas encore parfaitement identifiés en détail (sources, déclencheurs, etc). Certains médicaments comme les sels de lithium, le dépakote, le tégrétol régulent ces écarts et nous ramènent à une normalité à partir d'un certain temps de traitement. Ce ne sont pas des traitements qui suppriment le problème comme on peut soigner une infection qui à la fin du traitement disparaît. On est donc obligés de prendre ce traitement pour maintenir la stabilité.

     

     

    A mon avis, d'après mon expérience personnelle, celle de mon entourage, et d'autres personnes avec qui j'ai été en contact, la psychothérapie sert à plusieurs choses :

     

    • Nous aider à gérer notre quotidien et prévoir notre futur.

       

       

    • Comprendre ce qui nous arrive, ce qui est loin d'être évident car on ne se voit pas, et à juste titre, bien qu'on le soit aussi, comme un ensemble de réactions biochimiques et biologiques, pas plus qu'un ensemble de cellules, surtout quand cela commence à toucher ce qui émane de notre tête...

       

       

    • Utiliser un cadre : activités, mode de vie, faire du tri, etc. pour réorganiser le cerveau qui a en mémoire des éléments contradictoires qui empêchent d'avancer.

       

       

    • Apporter un éclairage et tenter de comprendre de ce qu'on a vécu et faire le ménage.

       

       

    • Reconquérir, se réapproprier soi-même : son espace affectif, mental, sensoriel etc, sans rester traumatisé par l'état dans lequel on a été soit en phase maniaque, soit en phase dépressive, prendre de la distance avec ça.

       

       

    • Accepter d'avoir été ce que l'on n'est pas. Par exemple : avoir agi sous le coup de pulsions incontrôlables en phase maniaque.​

    • Accepter les soins.

     

    • Accepter que le psy n'est jamais parfait, pas plus que nous ou les autres personnes.

       

       

    • Ne pas penser que les autres sont responsables, ni nous non plus.

       

       

    • etc.

     

     

    Si l'entourage peut comprendre ça aussi, cela aide vraiment, sinon, beaucoup passent leur temps à nous remémorer les mauvais souvenirs, ce qui souvent les arrange bien, n'est ce pas plus facile pour certains pour se rehausser que de marcher sur ceux qui n'ont pas encore eu le temps de se relever ?

    

     

     

     

    C'est une maladie comme les autres, SAUF ! 

     

    • Sauf qu'elle touche notre cerveau biologiquement en des points précis, et par conséquent, notre humeur, nos sentiments, notre perception, et même notre raisonnement, et j'en oublie sûrement. Nos émotions !!!laugh

       

       

    • Sauf qu'on ne nous a jamais appris que toute notre personne était vraiment régie par de la biologie. 

     

     

    C'est à la fois effrayant et merveilleux.

     
    C'est effrayant d'imaginer que nous puissions ainsi être dépendants d'une ou quelques réactions entre des molécules.

     

    C'est merveilleux d'imaginer jusqu'à quel point ont pu aller ces associations de cellules que nous sommes, qu'on puisse émettre de la pensée, et que la pensée puisse agir sur la biologie aussi ! Tout ça, c'est fou et géant ! 

     

     

     

     

     

     
     
     
     
     
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