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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 10:22

 

Mes parents ont eu 7 enfants, je suis la deuxième. Ma mère m'a dit que j'étais d'une sensibilité extrême déjà au berceau. Très sensible au bruit. Au bruit des motos, des voitures qui circulaient sur la route devant la maison (il n'en passait pas souvent à l'époque…). Quand il faisait beau, elle sortait le landau devant la maison dans la cour fermée par une barrière, et j'ai été la seule de tous les enfants à trembler de tout mon corps en hurlant dès qu'un véhicule passait. Peut-être une trop bonne audition ?

 

 

Je parlais et chantais couramment quand j'ai commencé à marcher à 18 mois, et j'avais peur de plein de choses. Peur des fourmis, des araignées même petites, de tous les insectes en général, des petits animaux non domestiques comme le lézard. Peur des chiens, mais pas des chats qui vivaient à la maison. J'ai aussi eu peur de l'orage, du tonnerre, des éclairs, du vent. Par contre, tant que je ne me trouvais pas dans ces circonstances, j'étais une enfant très gaie, très bavarde, qui aimait chanter. J'étais intéressée par une multitude de choses et j'apprenais très vite.

 

 

J'ai eu une période difficile vers 2 ans, j'ai dû m'amuser avec la terre, et c'est comme ça que j'ai eu des gros problèmes intestinaux. Je hurlais pour un oui pour un non, à n'en plus finir, ce qui me rendait la vie difficile, mais aussi celle de mon entourage… Ma mère a compris plus tard après m'avoir donné un traitement vermifuge. Un ascaris avait grandi jusqu'à 10 cm dans mon intestin ! Ma grand'mère disait tandis que je me roulais par terre : "Laissez-la, elle a le diable dans le corps !..." Drôle de diable ! 

 

 

J'ai commencé aussi à avoir peur de m'endormir, parce que j'avais peur de mourir pendant mon sommeil. L'idée d'aller me coucher me terrorisait et je montais les escaliers pour aller dans la chambre, à reculons. Mon grand-père est décédé à la maison quelques mois après que j'ai eu 2 ans, est-ce que j'ai été témoin de quelque chose, découvert la mort sans que l'on m'accompagne ? Ou seulement entendu parler les adultes ? Je n'en sais rien, je ne puis que rapprocher ces faits.

 

 

Un autre truc bizarre, très difficile à décrire, j'avais en moi, parfois, comme un mouvement perpétuel dans la tête, comme une mécanique qui tourne dans la tête, assez lentement, mais qui ne fait pas de bruit. Cela m'angoissait. Je l'ai gardé longtemps, il revenait sans crier gare, soit quand j'étais énervée, soit que je me retrouvais seule. Je ne sais pas comment en parler, je l'ai ressenti périodiquement durant toute mon enfance.

 

 

Sinon, comme beaucoup d'enfants, je prenais beaucoup de choses au sérieux, et même bien trop au sérieux. Cela m'a valu beaucoup de déboires de la part d'adultes qui se sont amusés à me tester et, ne mâchons pas les mots, à en profiter pour se moquer de moi. Ce n'est pas malin. C'est comme ça que par grand vent, j'étais terrorisée… de peur de m'envoler, ou que le toit de la maison allait être arraché. Le grand vent était impressionnant à la campagne, surtout quand j'étais petite. C'est étrange, je n'ai jamais vu de grand vent plus tard dans cette région. Un changement de météo ou des récepteurs qui se sont accoutumés ? Ma grande mémoire faisait des envieux dans ma fratrie si bien que j'avais décidé, à un moment donné de mon enfance, de ne plus rien apprendre pour contribuer à l'équilibre, dans un souci d'équité et de paix.

 

 

Chaque fois que je voyais la lune très grosse à l'horizon, j'étais certaine qu'elle allait s'écraser sur la terre. Je ne pouvais même pas en parler, croyant que les adultes étaient inconscients ou n'avaient pas remarqué, et je tremblais toute seule dans mon coin. J'étais aussi terrorisée quand, pendant la nuit au dehors, j'entendais des cris que j'avais identifiés comme étant de bébés que l'on torturait, j'ai compris beaucoup plus tard qu'il s'agissait de miaulements de chats pendant les périodes de chaleur. Probablement le jour où j'ai fini par me confier à mes parents.

 

 

Eh bien voilà, c'étaient ça, mes malheurs, et le pire a été celui fait par ma marraine qui était entraînée par ses copines à me dire : "je t'aime plus". Parce que ça les avait amusées la première fois ! Puis, comme ça, sur commande ! Ma crédulité les faisait trop rire, moi lui répondant : "si !" Tout ça, à répétitions jusqu'à ce que je me mette à pleurer. Et là, elle me disait : "Mais si ! je t'aime !" En m'embrassant !!!... Et dire qu'elles imaginent encore, toutes, avoir été de merveilleuses nounous !!! Grrrr !

 

 

Oh j'allais oublier, je me souviens que dans les fêtes de famille, les adultes aimaient, chacun leur tour, pousser leur petite chanson que tout le monde reprenait en chœur, et immanquablement une chanson qui m'était fatale, était dans le répertoire : "Elle pleurait comme une madeleine". La chanson originale de Maurice Chevalier disait "il," je découvre… et moi, bien sûr je fondais en larmes à tous les coups. Oh lala lala, quel cafard !...

 

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Paulette Benetton

Isère  ARA  France

née en 1952

bipolarité is away et le reste aussi !😀

clarinette                           3e cycle Biochimie et Chimie Organique

Emplois successifs Prof. de physique/chimie,

Technico-commerciale, Animateur régional des ventes, Responsable du SAV au téléphone, Laboratoires Biotrol, Paris

Centres d'intérêts  voyages, photo, 3D, santé mentale, neurosciences, clarinette violon, bricolage jardin, bandes desssinées etc.